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Indes réunionnaises
    

     LE SALON DU CINÉMA 2009.

    Dêva KOUMARANE


     Depuis 2007 le Salon du cinéma est devenu l’un des événements majeurs de la vie culturelle et artistique de la capitale française.

   La troisième Édition de ce Salon du Cinéma s’est déroulée du 16 au 18 janvier 2009 à la Grande Halle de la Villette. Le réalisateur français Jean Pierre Jeunet, un authentique cinéaste, qui en était le parrain, s’est exprimé en ces termes : « Pour le provincial que j’étais, le cinéma restait un univers inapprochable et réservé à une secte venue d’une autre planète. Si le Salon du Cinéma avait existé à l’époque je n’aurais pas dormi quinze jours à l’avance tant j’aurais été énervé, j’aurais séché les cours pour être présent de l’ouverture à la fermeture… c’est pourquoi aujourd’hui j’ai accepté de parrainer ce troisième Salon du Cinéma. Susciter une vocation, particulièrement en cette époque difficile où rêver et avoir des projets va être vital, voilà une entreprise magnifique, à laquelle je suis fier de m’associer ». Un vibrant, ardent et sincère hommage, n’est-ce pas ?

   La Halle de la Villette était tout au long des trois journées, le centre de gravité du 7ème Art. Scénaristes, réalisateurs, producteurs, bruiteurs, dresseurs d’animaux, maquilleurs, cascadeurs, critiques de cinéma sont venus y rencontrer, dans la simplicité, le public aux couleurs multiraciales de Paris et aussi de la province. Plus de la moitié des visiteurs était constituée de jeunes curieux de savoir et d'apprendre un peu plus du cinéma français et international. Besoin de cultiver leur imaginaire. Besoin d’orienter leur évasion vers la beauté et la puissance de l’émotion artistique.

   Des conférences ont eu lieu sur les activités concernant le cinéma. Elles étaient animées par des spécialistes de renommée nationale et internationale. La liste serait longue si l’on devait les citer tous. Leur présence dans le Grand Forum ou dans la Salle des Frères Lumière, dans la salle de projection Boris Vian, dans l’Amphithéâtre George Lucas, fut bien accueillie et appréciée par le public fidèle ou non des « salles obscures ».

     Le cinéma indien à l'honneur

   Le Salon, pour sa troisième Édition, a mis à l’honneur le cinéma indien ou plus exactement le cinéma bollywoodien et ouvert cordialement, joyeusement les bras au plus connu des acteurs de l’Inde : Amitabh Bachchan, « The King », le roi vivant du cinéma  bollywoodien de l’Inde, une star à la dimension de l’Amour du public indien pour les « salles obscures ». Il est apparu comme un homme modeste et réservé, un défenseur de la culture de la tradition et du cinéma de l’Inde. Il aimerait tourner des films avec des réalisateurs ou des réalisatrices de l’Hexagone dans le but non pas de se doter d’un volumineux cachet, mais pour pouvoir tisser des liens culturels, relationnels entre l’Inde et la France. Pondichéry, l’ancien chef-lieu des Comptoirs français en Inde est une fenêtre ouverte sur la France. Ne l’oublions pas !


Amitabh Bachchan au Salon

   Un stand aux couleurs de l’Inde du Sud tenu par le couple Vijay Rangan, originaire de Pondichéry dans le Tamij-Nadou, offrait une large variété de produits indiens.

   Amitabh Bachchan s’est accordé un moment pour dialoguer avec ses fans dans le Grand Forum. Ils lui ont posé des questions touchant à sa vie d’acteur et lui ont demandé d’interpréter une chanson, mais il a exprimé le regret de ne pouvoir le faire. Des chanteurs et chanteuses aux talents reconnus prêtent leur voix aux acteurs et actrices dans les films indiens.,Les spectateurs du Cinéma bollywoodien du pays des frères Lumière ont été conquis par son charme, sa simplicité, son enthousiasme, sa joviale et forte personnalité.

   Des conférences-débats, des Tables rondes autour du thème « coproduction et cinéma indien aujourd’hui », ou encore « des enjeux croisés entre Paris et Bombay  sur l’accueil des tournages » ; ont permis aux cinéphiles de tous les horizons culturels d’appréhender un peu mieux les contours, les essieux, les moyeux de la Roue cinématographique de l’Inde. Dans presque tous les films indiens s’entrecroisent les traditions, les religions, les chansons, les rêves, les reflets de la morale, etc. Les bobines d’un film indien semblent tourner comme les roues de la loi d’hier, d’aujourd’hui et peut-être de demain. « L’image de la Roue apparaît comme un des traits les plus distinctifs de l’iconographie religieuse de l’Inde ancienne ».

   J.P. Constantini (producteur), Olivier-René Veillon (directeur de la Commission du film Île-de-France), Martine Armand (spécialiste du cinéma bollywoodien), entre autres ont parlé de l’Inde cinématographique. Dans cette immense Inde le cinéma joue un rôle inimaginable. Des expositions autour de l’Inde comme « Kamera Kids » et « Bollywood  à contre champ » de Caroline Gautron ont été les reflets de l’Inde sous les rayons tamisés et froids du soleil hivernal de Paris.,La troupe de danse Indian Ocean a initié les visiteurs, petits et grands, toutes catégories sociales et provenances confondues, à la mythique danse bollywoodienne.

   La Nuit du vendredi 16 janvier était dédiée aux films indiens :

  • Sarkar Roy (avant première inédite française) de Ram Gopal Varma (2008). Avec Amitabh Bachchan, son fils Abishek Bachchan, sa bru Aishwarya Rai-Bachchan (ancienne Miss monde).
  • Black, réalisé par Sanjay Leela Banshali (2005) avec Amitabh Bachchan, Rani Mukherjee, etc.
  • Sholay de Ramesh Sippy (1975) toujours avec Amitabh Bachchan.

   Cette inoubliable nuit du cinéma en l’honneur du cinéma indien était présentée par l’irrésistible Amitabh Bachchan lui-même.

   Plus de 80 000 personnes ont rendu visite à cette troisième Édition du Salon du Cinéma. Ses organisateurs ont pu se rendre compte du grand succès qu’a connu cette manifestation culturelle. C’est un encouragement pour les années à venir. « Le succès est la loi ; et quand le succès dure, il n’y a qu’à s’incliner » écrivait le Prix Nobel français Romain Rolland, un grand Ami de Gandhiet de l’Inde.

   Mon rêve, comme celui d’autres amis franciliens du Cinéma indien est celui-ci : Lors de l’une des prochaines Éditions, le Salon devrait projeter toutes ses lumières, comme à la fête de Diwali, sur les cinémas spécifiques aux différentes régions de l’Inde. Il ne faudrait pas non plus oublier les cinémas d’auteurs. Nous attendons impatiemment la quatrième Édition du Salon du Cinéma.


Amitabh Bachchan et l'auteur de l'article au Salon


© Dêva Koumarane - 2009

 

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