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Les arbres, en
décembre, sont dénudés. Les nuits sont plus longues que les jours.
L’obscurité domine la lumière. Fort heureusement les toits des rues
parisiennes ; des arbres et des sapins, les vitrines de magasins
sont illuminés. Nous attendons évidemment la nuit de Noël et le
réveillon du Jour de l’An avec un cœur plein d’espoirs. Dans cette
ambiance presque féerique de la capitale française, la salle Pleyel
située dans le 8ème arrondissement, à quelques mètres de
la Place des Ternes, accueillait ce samedi 12 décembre 2009, Pandit
Shiva KUMAR SHARMA, Ustad ZAHIR HUSSAIN, Kengo SAITO : trois grands
Musiciens indiens pour un concert exceptionnel qui a enthousiasmé le
public.
Pandit Shiva KUMAR SHARMA est né en 1938 dans les
vallées du Cachemire et a grandi au milieu des influences
culturelles artistiques persanes, arabes et hindoues. Auprès de
Pandit Uma DUTT SHARMA son père, il a appris les rudiments de la
musique de cette région du Nord de l’Inde et celle de la musique
classique de Bénarès, de la musique traditionnelle et populaire. Il
maîtrise surtout l’art du santur, une cithare d’origine persane.
Ustad ZAKIR HUSSAIN est un tabliste (un joueur de
tabla) de renommée internationale. En Inde il est considéré comme un
monument vivant. Il est né en 1951 à Mumbay. Adulé par toutes les
couches de la population indienne, les Hindous voient en lui une
réincarnation de Krichna. Son père Ali RAKHA fut un visionnaire. Il
fut le premier percussionniste à mettre les tablistes sur le même
pied d’égalité que les autres musiciens.
Jusqu’au début du XXe siècle les joueurs de tabla,
quelle qu’était leur religion, appartenaient au bas de l’échelle
sociale. L’Inde d’hier est différente de l’Inde d’aujourd’hui. Force
est de constater que l’Inde progresse, surtout dans le domaine du
système des castes.
Ustad ZAHIR HUSSAIN enseigne à l’Université de Stanford.
Pandit Shiva KUMAR SHARMA et Ustad ZAHIR HUSSAIN sont
salués aussi bien en Inde qu’à l’étranger comme des Maîtres de la
musique du Nord de l’Inde. Leur excellente technique, leurs
improvisations, leurs sensibilités poétiques ont la puissance de
nous faire rentrer en nous-mêmes. Ils savent peindre musicalement un
monde où souffle l’esprit de la spiritualité et font « chanter »
leurs instruments de musique. Ils donnaient l’impression de
cajoler, caresser, le santur, le tabla. La musique de ces
instruments parlait, dialoguait avec l’âme des adultes et enfants
captivés, enchantés, fascinés, qui se trouvaient dans la salle.
Kengo SAITO, le joueur de tampura, le plus discret, est également un
grand musicien. Tous les trois nous ont fait connaître les Râgas qui
lient l’âme humaine aux mystères du Cosmos.
Romain ROLLAND, un ami de l’Inde et des Musiciens
écrivait : « Si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la
parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de
sa douleur » (Musiciens d’autrefois).
© Dêva Koumarane - 2009 |