Hommage à Césaire

- Jean Samuel Sahaï -


   

AIME CÉSAIRE : ADAGIO POUR LA DA

N'oublions pas la Da qui berça le petit Aimé.

En Martinique on appelait la nourrice d'un enfant sa Da, en Guadeloupe on disait la Mabo (de “ma bonne”). C'était, dans les familles qui pouvaient se l'offrir, la seconde mère, la servante attentionnée qui était attachée à l'enfant et veillait à son confort et à sa bonne éducation.

Aimé Césaire, naquit et vécut enfant sur la Plantation Eyma de Basse-Pointe, dans le nord de la Martinique. Sa Da était d'origine indienne, comme le sont encore bon nombre d'habitants de l'endroit. Âgée, cette dame eut toujours libre droit d'accès en Mairie de Fort-de-France, même en période de crue, pour voir l'enfant devenu écrivain, puis maire, puis député - celui qu'elle avait nourricé. Les chants tamouls dont elle le berça restèrent dans sa mémoire, il les évoquait à l'occasion.

    Tel avait été aussi le cas d'Alexis Léger, blanc créole de Guadeloupe, le futur Saint-John Perse, lui aussi initié enfant à la magie des sons sacrés de l'Inde par les servantes de sa mère, sur la plantation Bois Debout à Capesterre.

    Lors d’un entretien vers 1971, l'auteur d' “Eloges” expliquait à Mme Mireille Sacotte, une de ses biographes, que 

    sa nourrice de la Guadeloupe – une Indienne shivaïte – le fit agréer, à la mort du grand prêtre de la communauté à laquelle elle appartenait, comme l’enfant dans lequel le dieu Shiva allait se réincarner au cours des cérémonies rituelles de l’an neuf : à l’âge de trois ans, le soir de la fête, complètement enduit de safran, tatoué au front du trident shivaïque, juché sur un trône porté à bras d’homme, il fut, lors d’une grande procession nocturne, présenté aux fidèles... et le rite se répéta trois années durant…

    M. Raphaël Confiant écrit à propos du même Saint-John Perse qu'il

    évoque les langues dravidiennes... et parmi elles, ce tamoul qu'il a dû entendre fredonner par cette servante « qui sentait bon le ricin... Cette trop belle servante hindoue... disciple secrète du dieu Civa » qui fredonnait donc tout à la fois, chose extraordinaire, la plus vieille langue du monde, et la plus neuve, à savoir le créole.

    Quant au poète et homme politique Aimé Césaire, il aimait son peuple toutes races et couleurs confondues. Il manifestait naturellement ce sentiment. Il s'asseyait pour faire causette dans l'escalier du père Noël Mardayé, surnommé le Papa Noël, celui qui faisait figure de chef des koulis du “dépôt” d'Obéro (1), le commandeur du service de nettoyage de Fort-de-France (cimetière, tinettes à caca...). Cette corvée on le sait était devenue le lot et perçue comme la malédiction de ces koulis, rejetés telle une caste inférieure par le reste de la population.
 
    Anthropologue spécialiste de l'engagisme et des apports indiens aux îles, M. Gerry L'Étang a rédigé un rapport sur l'héritage culturel des migrants Congo, Indiens et Chinois à la Martinique.
 

    Il dépeint ainsi la situation des kouli, ces “indjens” qui ayant déserté les plantations du nord de l'île se retrouvaient dans la ville à errer :
 

    A l'issue des retours en Inde (le dernier convoi quitta l'île en 1900), se retrouvèrent au dépôt de l'immigration sis à Fort-de-France quelques dizaines d'Indiens qui attendaient là un improbable navire de rapatriement, ou encore qui, venus embarquer, s'étaient ravisés et avaient décidé de rester à la Martinique. Loin des Habitations, ils vivaient d'expédients et constituaient un souci pour le Conseil général (qui avait en charge le dépôt) et la municipalité. Cette dernière les affecta alors au nettoiement de la ville.

 Ce groupe de balayeurs indiens, renforcé d'apports successifs en provenance des plantations à mesure que s'étendait le chef-lieu, se vit attribuer l'exclusivité d'une tâche méprisée. Et le proverbe de s'enrichir d'une nouvelle acception: “tout Indien se retrouvera un jour ou l'autre balayeur de trottoir” - tout kouli ni on kout dalo pou'y fè. En fait, dans un cas comme dans l'autre, l'expression énonce une malédiction.

   Cette dépréciation générale de l'Indien allait s'exacerber au travers de l'appellation créole qui le stigmatisera : kouli. L'expression, probablement d'origine tamoule (kuli), signifie originellement salaire et par extension salarié. Elle fut utilisée par les Anglais puis par les Français en Extrême-Orient (Inde, Chine, etc.) pour qualifier un ensemble varié de travailleurs non spécialisés aux revenus précaires : employés aux travaux pénibles, dockers, manœuvres, tireurs de pousse-pousse, journaliers agricoles, ouvriers, etc. 

    Evariste Zéphirin, petit-fils de Noël Mardayé, se souvient de la vie dans le dédale du dalot : 

    La tare héréditaire qui en fit des parias dans leur ancien pays, les poussait dans cette voie, comme si le karma se propageait hors de l'Inde pour les atteindre en Martinique. Les Koulis volés, peuple en marge de la vie, restaient ici comme là-bas, la dernière race après les chiens, des êtres juste bons à vivre dans les excréments, à mendier leur pain et à dormir dans les caniveaux.

    L'histoire ne fut pas tendre avec eux, leur vie ici fut sans doute pareille à là-bas, peut être mieux ici. Mais quoi qu'il en soit, ces gens restaient dans l'antichambre de la vie, spectateurs de leur existence, écartant, nettoyant les chemins, pour qu'aucune personne ne bute sur un tas d'ordures encombrant son passage.

    Le Marché aux Légumes restait le lieu de rencontre, de rendez-vous, l'endroit qu'ils appréciaient plus que tout, percevant,  sans doute, les marchandes comme gens pareils à eux, vivant elles aussi dans un monde exsangue que la population d'ici avait mis au rebut.

   Tous ces Koulis, chassés des habitations suite à l’affaire des quarante-deux de Basse-Pointe, se réfugièrent dans un quartier au nord du centre ville, plus précisément, sur une langue de terre assise sur des terrains marécageux, dans l'îlet d'Au-Béraud, inclus dans le quartier des Terres Sainville.

 Le sort des Indiens de l'habitation Bois-Debout à Capesterre de Guadeloupe au XIXème siècle était ainsi décrit par la blanche-pays de l'époque Renée Dormoy :

    Assis par terre, les jambes croisées, tous mangeaient avec les mains. Où auraient-ils pris, pauvres gens, des écuelles et des fourchettes pour tant de monde? Je crois même qu'ils n'en auraient pas souhaité, étant habitués à toujours manger avec les mains, comme les nègres du reste.
 

    Que dire aujourd'hui, du verbe de cette chanson Saint-Pierraise, antérieure à l'éruption de la Pelée, sinon qu'il témoigne des attitudes de l'époque et de relents qui auront la vie dure :
 
                Nonm-lan sôti lôt bô péyi’y,
                I pasé dlo vini isi,
                Tout moun té ka pran li pou moun,
                Pandan tan-an sé vakabon (bis).            

                Mwen fè si mwa dan le ménaj,
                Mi tout lajan nonm-lan ban mwen:
                I ba mwen di fran man ba bôn mwen,
                Fo mwen mété sen fran asou’y.   

                Mwen fè twa mwa de maladi,
                Mi tout rumèd nonm-lan ban mwen,
                Mi tout mèdsen nonm-lan ban mwen:
                I ba mwen an nonm pou swanyé mwen.      

                Refrain
                Woy! Vini wè kouli-a, woy!
                Kouli-a, kouli-a, woy!
                Ba li lè pou li pasé,
                Pou li fè kout twotwè li kanmenm

                Woy! Vini wè kouli-a, woy!

                Kouli-a, kouli-a, wo!
                Ba li lè pou li pasé,
                Pou li peu chanjé de konduit          
 

La Négritude de Césaire relevait le plus meurtri des opprimés pour en faire un fer de lance du respect de l'homme, de tout homme. Mais ce n'est pas à un mesquin ethno-centrisme de blablature. Née du soulèvement de cœur d'un être humble et compassionné, la Négritude ne cautionne le mépris hautain d'aucune ethnie par une autre : elle englobe toute la souffrance de l'humanité, celle de l'homme-hindou-de-Calcutta... de l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture... sachant que

                Chaque peuple quelque petit qu'il soit
                Tient une partie du front
                Donc en définitive est comptable
                D'une part même infime
                De l'espérance humaine.

   M. Jean-Pierre Arsaye relate ainsi la vie des Indiens et la qualité de leurs rapports avec Aimé Césaire dans “Mémoire d'Au-Béro” : 

    Aimé Césaire qui, paraît-il, aimait spécialement discuter avec Homère Nahou, était lui aussi chaleureusement accueilli dans le quartier et ce, même après sa démission en 1956 de la Caravelle Rouge, pour employer une expression de Georges Gratiant.

    À chaque réélection du député-maire, les habitants d'Au-Béro se joignaient aux gens des Terres-Sainville, de Trénelle et autres lieux pour une retraite aux flambeaux aux premiers rangs de laquelle ils se plaçaient.

    Leur assiduité à la messe dominicale était cependant irréprochable. Et ils se confessaient, communiaient, faisaient baptiser leurs enfants. L'absolution était toujours donnée à tel ou tel qui se trouvait à l'article de la mort…

    Aimé Césaire était-il homme à se rallier au sentiment indigne de mépris dont les minorités firent les frais dans nos îles de la part des descendants d'esclaves libérés? Sa doctrine bien comprise ne rejette la personne de quiconque. Elle tend à nous élever au-dessus de l'indignité enfouie en l'un et l'autre, à extirper la méchanceté d'où qu'elle vienne.

    Faudrait-il, au nom d'une africanité plus réductrice que noble, couper en deux, comme au jugement de Salomon, celui qui descend à la fois du Nègre et de l'Indien?

    Dans les années 1960, le calypsonien Mighty Dougla, batazendien de Trinidad & Tobago, qui eût préféré jouir fièrement de sa double origine, exprimait ainsi le dilemme de milliers de ses congénères :

                    If they sending Indians to India
                    And Africans back to Africa
                    Well somebody please just tell me
                    Where they sending poor me?
                    I am neither one nor the other
                    Six of one, half a dozen of the other
                    So if they sending all these people back home for true

                    They got to split me in two,

    Au-Béro était un lieu d'indiens démunis qui recevait les chabins, les noirs, même des blancs créoles en perte de tout...

    Le Poète qui persifla toute la cruauté du Monde était pleinement conscient, et heureux, que par-delà des apparences, nous soyions tous un peu Indien, beaucoup Nègre, assez Blanc, peu ou prou Sino... Libanais, sans omettre l'Amérindien - le désapparu, selon M. Édouard Glissant.

    Saint-John Perse, le poète de l'autre île, passa son enfance au sein de la même diversité. M. Patrick Chamoiseau - qui l'avait un temps opposé à Césaire - lui fait cette adresse dans une Méditation :

     Autour de vous, des négresses, des chabines, des mulâtresses, des servantes indiennes, des chinois. Des façons d'Afrique, des survivances amérindiennes, des cultes étranges du dieu Shiva dessous les gestes qui vous dorlotent...

    Aimé Césaire envoyait son chauffeur quérir diverses personnes de toutes origines, pour causer. C'est le bonheur qu'a connu Madame Christiane Sacarabany, auteur du roman intitulé “L'Indien au Sang Noir” et plus récemment, de “Son Matalon”, livre d'art illustré avec le concours de M. Luc Marlin, qui remet en valeur l'apport indien à la culture antillaise.

    Manière sans doute pour le Poète de se remémorer les jours de la plantation de Martinique la plus fournie en indjens - qui inféodés, qui militants contre l'exploitation Béké. Les travaux et les jours de ces rescapés d'une civilisation millénaire, la lente et inévitable créolisation d'un peuple qui a contribué par son courage tranquille, sa patience infinie à reconstruire les îles après l'abolition de  l'esclavage, sont aussi décrits dans le roman “Eclats d'Inde” de l'écrivain Camille Moutoussamy, originaire de la même plantation qu'Aimé Césaire.

    L'Aimé de l'Eyma avait d'ailleurs hérité par son ascendance maternelle d'une part de sang indien. L'attestent volontiers coiffeur et photographes, ses proches, et surtout son arbre ancestral, établi par Madame Enry Lony, généalogiste de profession au Centre d'affaires Agora. La municipalité de Basse-Pointe devait faire cadeau d'un exemplaire de son arbre généalogique à l'illustre enfant du Nord lors d'une cérémonie “de retour” en 2005.

    En 2003, au cœur des cérémonies du cent cinquantenaire de l'arrivée des travailleurs indiens aux Antilles Françaises, Aimé Césaire, maire honoraire de Fort-de-France, avait honoré de sa présence l'inauguration du buste du Mahatma Gandhi envoyé par l'Inde pour sa ville.

    Aux côtés de son dauphin, M. Serge Letchimy - notable au patronyme bien frappé s'il en est (nom francisé de la divinité indienne de l'abondance...), le Maître avait alors improvisé un fort bel éloge, hélas non préservé, de l'apport incontestable des travailleurs koulis, ou Indjens, à tous les secteurs du pays Martinique.

    Sri Suresh Kumar Pillai, chercheur et écrivain, cinéaste-reporter spécialiste de la diaspora indienne et de l'engagisme, eut aussi le privilège de rencontrer le Chantre de la Négritude. Apprenant son grand départ, Sri Suresh nous envoyait ce témoignage depuis la Nouvelle-Delhi  :

    I feel so sad to hear this departure of a great soul.
    I remember the fondness and warmth that he extended to me when I met him. He immediately picked up his pen to write his name in Tamil when I offered him help.
    A wonderful human being with great compassion to all, particularly towards Indians...

    Poète, le mauricien d'origine indienne Khal Torabully a éprouvé des sentiments très proches au contact du grand Nègre :

    J’ai rencontré Aimé en 1996, à la mairie de Fort-de-France. Son accueil et son humanité poétique ont laissé en moi une trace indélébile.
    Il a lu en toute complicité mon texte “Cale d’étoiles, Coolitude”, bousculant ses activités d’élu, et nous avons partagé là un extraordinaire moment de poésie et de profonde humanité... cet immense poète m’a donné l’embrassade authentique du poète fraternel.

    Sans discours, sans coterie. Avec la dignité qui sied au grand, très grand monsieur qu’il fut et demeure.

    Linguiste affectueux, le Chantre s'était même procuré des livres pour s'initier tant soit peu au Tamoul. Langue classique et littéraire, qu'il trouva ô combien complexe! Le 26 juin 2003, me faisant l'insigne honneur de me léguer le dictionnaire Tamoul-Anglais de sa bibliothèque, Monsieur Aimé Césaire l'avait ainsi dédicacé :
 

    ... Je pense qu'il faudrait enseigner le Tamoul aux Antillais, bien entendu entre autres langues.

    Généreuse évidence.

    Pendant des décennies le Tamoul fut parlé, chanté, lu et écrit par des dizaines de milliers d'habitants de Guadeloupe et Martinique, avec le Telougou et, pour les Indiens venus par Calcutta, le Bhodjpuri, l'Hindoustani... Un riche pan du patrimoine linguistique, dépecé par la ridiculisation et l'ostracisme missionnaire et scolaire a fini par dépérir aux îles.

    De ce nanni-nannan, il nous reste des mots passés dans le créole, et quantité de noms de famille ancestraux. Les prénoms en langues indiennes furent bannis par l'état-civil, évangile officiel oblige.

    Une culture originale devait naître de la dissolution des langues d'Asie et d'Afrique et de ces fragments de mémoire épique. Sir Derek, autre génial poète de la Caraïbe, louait l'élan créatif de résilience exaltée des peuples brassés dans son discours de réception du Prix Nobel de Littérature en 1992 :

    Deprived of their original language, the captured and indentured tribes create their own, accreting and secreting fragments of an old, an epic vocabulary, from Asia and from Africa, but to an ancestral, an ecstatic rhythm in the blood that cannot be subdued by slavery or indenture, while nouns are renamed and the given names of places accepted like Felicity village or Choiseul.

   The original language dissolves from the exhaustion of distance like fog trying to cross an ocean, but this process of renaming, of finding new metaphors, is the same process that the poet faces every morning...
 

    On sait le peu d'indianité cultuelle et culturelle qui survécut en Martinique et en Guadeloupe, grâce à la farouche détermination de quelques-uns, malgré tous les aléas. On ne peut nier l'impact positif à tous niveaux des travailleurs indiens et de leurs descendants sous nos latitudes.

    La réticence à les admettre dans le monde créole a été coriace. Aujourd'hui, les apports de leur culture sont le bien de tout un chacun.
 

     La vastitude d'oubli et de rejet de sa propre histoire non enseignée pèse sur l'indo-antillais. Cela laisse pantois, quand on compare sa destinée à celle de ses frères et sœurs de sang déposés par les mêmes bateaux à l'île Maurice ou à la Réunion, avant l'éparpillage du reste dans les plantations de la Caraïbe.

    M. Jean-Pierre Arsaye, descendant d'Indien et chercheur enquêtant sur l'histoire d'Au-Béro, quartier indo-foyalais définitivement emporté en 1970 par le cyclone Dorothy, a buté sur cette carence de la mémoire :

    Mais ce fut en vain que je cherchai dans les archives... Notre histoire antillaise souffre d'oblitération.

    Et donc, n'oublions pas la Da Tamoule du Nègre Fondamental.

    Qui sait son nom ? Qui aurait sa photo ?

    Jean S. Sahaï-Viranin


Brève bafouille

Césaire fils de l'Eyma et père du pays,
Tu t'es grandi en te frottant au peuple à terre
Avec Senghor, consorts, parmi Paris tu te trouvais
Des Clovis et des Huns tu te fis une orgie

Et les chiens s'asseyaient en humant le Cahier
Tandis que nous passions notre temps à la plage 
Tu nous mettais au nez la bimbeloterie
Tu dénonças l'arnaque humant le vent du large

Au Nobel des Bonbel tu préféras les Peuhls
Grands arbres d'en-Guinée et femme noire altière,
Le lait de la savane, camarade Aliker

Le Letchi mûr pour maire, l'alizé vert des mornes,
Chemin seul, la lumière intérieure et vibrante,
Loin de la foule aux cris, reste avec nous chez toi.


(1) Obéro, Au-Béro ou Au-Béraud... selon les sources. (Retour au texte)


© Jean S. Sahaï, 2008

Voir aussi : http://cqoj.typepad.com:80/ (Article avec illustrations et compléments)/


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