Jean S. Sahaï :

"Ce numéro spécial est d'un intérêt tout particulier pour tous ceux qui se sentent concernés de près ou de loin par la question indienne post-engagiste dans les territoires francophones"

      
  

   Jean S. Sahaï (que nous avions rencontré il y a déjà quelques années) est professeur d’Anglais et de Langue et Culture Régionales Créoles au Lycée Hôtelier du Gosier en Guadeloupe. Egalement conférencier et traducteur, il nous propose de découvrir une intéressante parution en répondant à quelques questions d’Indes Réunionnaises.


Interview  -  L'Esprit créateur


Interview

  • IR : Vanakkam Jean S. Sahaï. Vous attirez aujourd'hui notre attention sur un numéro spécial de la revue en Français L'Esprit Créateur paru aux Etats-Unis il y a quelques mois... Pouvez-vous tout d'abord nous présenter cette revue ?

JSS :  Vanakkam et namasté, ami Philippe Pratx, et visiteurs du site. Il s’agit en effet d’un numéro spécial de la revue L'Esprit Créateur, produite par l'Université du Minnesota aux Etats-Unis, et publiée par la Johns Hopkins University Press.
   Depuis un demi-siècle, cette revue publie des études sur la littérature, la critique, le cinéma et la culture du monde francophone.

  • IR : Ce numéro spécial s'intitule curieusement « Indian Ethnoscapes in Francophone Literature », est-ce à dire qu'il a trait aux textes francophones d'écrivains d'origine indienne? Qui a participé à sa rédaction ?

JSS : Ce numéro spécial est d'un intérêt tout particulier pour tous ceux qui se sentent concernés de près ou de loin par la question indienne post-engagiste dans les territoires francophones. Il a été piloté par Mesdames Renée Larrier et Brinda Mehta, du Département de Français et d’Italien de Mills College à Oakland en Californie, sous la férule des rédacteurs-en-chef Mária Minich Brewer et Daniel Brewer.
   Une bonne dizaine d'auteurs, écrivains, essayistes ou érudits de diverses contrées ont contribué gracieusement en fournissant des articles écrits pour la plupart en Français.

  • IR : Quelle était l’intention de cette publication, et comment se décline-t-elle ?

JSS : Il s’agissait d’envisager l’expression des milieux littéraires et culturels d’origine indienne dans les divers espaces francophones issus de l'engagisme. C’est encore hélas, ainsi que le constatent les rédacteurs, une dimension des études littéraires francophones qui reste tout aussi négligée que l'écriture francophone de l'Asie du Sud-Est.
   Cette livraison de la revue présente une douzaine d'essais en provenance du paysage indo-francophone. Les contributeurs, nés ou résidant en Australie, Belgique, France, ou Guadeloupe, Martinique, Réunion, île Maurice, ou USA, « négocient les tensions des traversées multiples, de la nationalité d'origine, de l'identité ethnique, de la mémoire culturelle »...

  • IR : Quelle contribution avez-vous personnellement apportée à cette publication ?

JSS : J’ai offert d'une part, un texte d'hommage aux engagés, en partie poétique, intitulé "De Calcutta à Sainte-Lucie, de Pondichéry à Pointe-à-Pitre, et jusqu’au fond de l’eau", qui fait office d’ouverture du numéro. D'autre part, un deuxième texte, un essai sur un thème à ce jour très peu abordé, la relation du Chantre de la Négritude avec les Indiens des Antilles. Intitulé « Aimé Césaire : adagio pour la Da », il peut se résumer ainsi:
   Quoi qu'il ait semblé ignorer les Indiens dans son œuvre poétique, l'affinité peu connue d'Aimé Césaire pour la culture tamoule nous invite à explorer la cohabitation des divers groupes que l'histoire a rapprochés aux Antilles, en considérant l'évolution des obstacles à l'émergence d'une culture créole harmonieuse, également respectueuse de toutes ses composantes.

  • IR : Pouvez-vous nous dire quelques mots de l'article « De Calcutta à Sainte-Lucie, de Pondichéry à Pointe-à-Pitre, et jusqu'au fond de l'eau », et de vos intentions en l'écrivant ?

JSS : J’ai voulu rendre un hommage au courage de ceux qui bravèrent la Kalapani - la mer que l'Hindou n'était pas censé franchir sous peine de déchéance physique et spirituelle - afin de trouver un meilleur avenir sous d’autres cieux.
   Le texte, dont la deuxième moitié est poétique, peut se résumer en ces mots :
   Souffrance sur l'océan, vindicte des ex-esclaves, exploitation, épuisement spirituel et rupture du lien avec l'Inde-mère furent le lot de ces engagés. Leur geste humble, honorable, contribua néanmoins à l'édification d'une civilisation nouvelle. Il importe maintenant que la mémoire de leur sacrifice soit saluée, aux îles, dans les maîtres-pôles,, et jusqu’en Inde même...

  • IR : Pourquoi vous êtes-vous particulièrement intéressé à l'œuvre du poète noir Aimé Césaire. Existerait-il chez lui une quelconque dimension indienne ?

JSS : Curieusement, oui. En tant qu'observateur des interactions entres composantes des sociétés caribéennes et post-engagistes, j'ai jugé utile de faire connaître certains faits importants.
   Aimé Césaire, qui devait devenir le Chantre du mouvement littéraire et anti-colonialiste de la Négritude, avait une ancêtre tamoule. Il avait aussi été bercé dès sa petite enfance par une « Da » (gouvernante) également d'origine tamoule, qu'il n'a pas reniée, car toute sa vie il s'est rappelé des comptines qu'elle lui chantait dans sa langue.
   Etant né et ayant grandi sur la plantation Eyma, dans la région de Basse-Pointe, au nord de la Martinique, celle qui comprenait le plus descendants d'engagés indiens sur l'île, Aimé Césaire ne pouvait avoir manqué de les côtoyer.
   Devenu maire de Fort-de-France, Aimé Césaire dut régler le problème de la multiplication des Indiens désœuvrés qui étaient en grand nombre dans sa ville, qui espérant un aléatoire bateau de retour en Inde, qui fuyant le Nord de la Martinique après des événements difficiles dans les plantations.
   Ces Indiens, employés comme une basse caste à des corvées humiliantes, habitaient un quartier déshérité de la ville appellé « Au-Bérau ». Aimé Césaire, qui les comptait parmi ses électeurs, entretenait avec eux une relation particulière.

  • IR : Qu’avez-vous voulu faire comprendre ?

JSS : Mon essai veut mieux faire connaître la lente évolution de la condition des Indiens de la Martinique, au départ farouchement ostracisés, jusqu'à la désignation par Aimé Césaire de l'un d'entre eux, un bata-zendyen nommé Serge Letchimy comme son successeur à la mairie de Fort-de-France.
   Aimé Césaire s'intéressa, sur le tard, à la langue et à la culture tamoules, se procurant par exemple des ouvrages chez un spécialiste, les Editions Kailash, rue Saint-Jacques à Paris... En fin de carrière, il préconisa l'enseignement de la langue de sa Da, entre autres langues, aux Antillais, comme partie de leur patrimoine linguistique.
   Mon article est en fait une tentative de balisage du difficile cheminement de l'attitude des maîtres et des descendants d'esclaves, depuis le mépris et le rejet manifestés envers les engagés venus de l’Inde, jusqu'à la reconnaissance de leur apport, et à leur intégration choisie, et méritée par le labeur et la non-violence, à tous les niveaux de la société antillaise.
   Je tente enfin de montrer comment, par sa pratique sociale, Césaire aurait, loin de les honnir comme bon nombre de ses concitoyens martiniquais de l'époque, implicitement inclus les Indiens dans son combat contre l'exploitation aliénante, et dans sa vision d'universalité.

  • IR : Quels sont les autres articles marquants de ce numéro spécial de la revue L'Esprit Créateur, s'agissant des Indiens des Antilles ? Pouvez-vous aussi nous donner votre avis sur leur contenu ?

JSS : Trois essais sur les descendants d'Indiens engagés dans le contexte antillais attireront particulièrement l'attention :
   - Dans le droit fil de mon essai sur Césaire, le travail d'Anny Dominique Curtius : « Gandhi et Au-béro, ou comment inscrire les traces d'une mémoire indienne dans une négritude martiniquaise » examine, à partir d'une analyse de l'édification du buste de Gandhi non loin du quartier d'Au-Béro à Fort-de-France, la pertinence des concepts de Coolitude et de Négritude.
   L'auteure tente de repenser la place de la composante indienne dans la problématique des discours identitaires en Martinique, avant de conclure que « la Coolitude, en jachère jusqu'en 2003 » (année du cent-cinquantième anniversaire de l'arrivée indienne en Martinique et de l'inauguration du buste de Gandhi près d'Au-Bérau à Fort-de-France), « se juxtapose maintenant à la Négritude de Césaire  pour la faire avancer dans une modernité créole ».
   - Dans un essai titré « Présence et invisibilité de l'artiste indo-caribéen: un être sous tension », la chercheure Patricia Donatien-Yssa tente une réflexion sur le sentiment d'éloignement géographique, historique et épistémologique qui coupe l'artiste caribéen d'origine indienne d'une véritable participation à la culture caribéenne. Etre Indien, se demande la chercheure, suppose-t-il qu'une indianité apparente se superpose à toute autre perception culturelle ?

   On regrettera que des artistes connus comme les Guadeloupéennes de naissance ayant une certaine notoriété, comme Patricia Devasenaradjounayagar, vivant en Martinique, ou Marie-José Mauranyapin, qui vit à Pondichéry en Inde, n'aient pas été remarquées, pas plus que la Martiniquaise d’origine non-indienne Consuelo Marlin, consacrée maître de danse classique indienne (Bharata-Natyâm).
   Avec ses élèves de toutes origines, Madame Consuelo Marlin produit à la fois des œuvres classiques de l’Inde et des créations négociées avec le contexte antillais qui est le sien.
   Si Madame Donatien-Issa conclut, à juste titre que "l’existence visible de l’artiste indo-caribéen dépend de sa capacité à engager une négociation consciente entre son enracinement, la discontinuité historique, la fluidité de l’espace, et la pluralité des identités et des contextes environnants", l'analyse de la production d’une plus large palette d’artistes eût sans doute tempéré la configuration de son essai dont le thème mérite d'être  étayé et approfondi.
   - L'anthropologue Gerry L'Etang montre dans son article « Du passage de V.S . Naipaul en Martinique », le tableau désespérant de la Martinique du début des années soixante que le Trinidadien V.S. Naipaul dresse dans son livre The Middle Passage.
   A considérer les rapports interethniques délétères, les héritages culturels dégradés, l'île apparaît à celui qui allait devenir Prix Nobel dans une condition pathétique par sa recherche d'identification à la culture française.
   Gerry L’Etang explique que cette vision de V.S. Naipaul nous interpelle, tant en raison de son caractère excessif, qu'au regard du parcours personnel de l'auteur trinidadien, marqué par une quête d'assimilation au monde britannique, aux dépens de l'attachement à ses origines paysannes indo-trinidadiennes.

  • IR : Qu'en est-il des autres articles présentés dans la revue ?

JSS : Divers autres aspects très intéressants de la présence culturelle indienne dans la francophonie sont abordés.
   - Dans un rapport intitulé « L'Aapravasi Ghat, l'île Maurice dialogue enfin avec l'Histoire », le poète mauricien Khal Torabully explore le lien entre l'esclavage et l'engagisme, deux paradigmes qui sont présents dans sa poétique de la Coolitude, et dit sa confiance dans un possible dialogue entre Maurice et son Histoire qui négocierait ces deux pages douloureuses de son identité, expérience qui doit être adaptée à tout pays qui a connu à la fois l'esclavage et l'engagisme.
   Dans un essai passionnant, « Bollywood: à la conquête de la France », Salah Guemriche explique que c'est déjà avec Louis Malle (L'Inde fantôme, Calcutta, 1968) que l'Inde pénètre la société française.
   Dans le même temps, les cinéastes indiens découvrent la comédie musicale de Jacques Demy, Les Demoiselles de Rochefort, qui aura une certaine influence sur la génération « pré-bollywoodienne ».
   En 1988, avec le succès au Festival de Cannes de Salaam Bombay de Mira Naïr, puis 2002, avec Devdas de Sanjay Leela Bhansali, un véritable engouement s'emparera des écrans de France…
   Au-delà de cet engouement et de son côté factice-festif, Salah Guemriche nous incite cependant à ne pas perdre de vue que l'action de Bollywood, emportée par le syndrome de l'American way of life, braque ses projecteurs sur une classe aisée, celle qui a accès aux biens et autres signes ostentatoires de la modernité, un milieu idéalisé où le pauvres hère ne fait que passer.
   - Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo démontre dans son article intitulé « Présences indiennes dans les littératures réunionnaises », que plus que dans la littérature coloniale où les Indiens sont des figurants, plus que dans les romans « de l'engagisme » où leurs descendants reconstruisent une identité figée, c'est dans la poésie contemporaine, francophone et créolophone, et dans les pratiques vernaculaires, que se recomposent et se créolisent les imaginaires indo-réunionnais.
   - Dans « L'Empreinte des Kala Pani dans la littérature caribéenne et mauricienne: une comparaison transcoloniale », Véronique Bragard met en relation les Antilles et l'Océan Indien à travers la coolitude chère au poète mauricien Khal Torabully et l'Indianité du Guadeloupéen Ernest Moutoussamy, puis met en regard deux auteures caribéennes, Shani Mootoo et Laure Moutoussamy, et les contrastes existant au sein du bassin caribéen.
   Outre quelques textes en langue anglaise tout aussi dignes d'intérêt, on notera que chaque article publié dans ce numéro de la revue est suivi de nombreuses notes et d'une riche bibliographie, ce qui fait de ce numéro une précieuse mine de renseignements pour le chercheur et pour toute personne concernée par la thématique de l'indianité at large.

  • IR : Pouvez-vous en guise de conclusion faire un point sur l’actualité des cultures indiennes ou indo-créoles aux Antilles ?

JSS :  Dans le contexte de négociation de la pluralité des héritages qui est notre destin, il reste du chemin à parcourir pour la préservation des valeurs ancestrales et une juste mise en lumière de toutes les composantes historiques de la « société mosaïque » des Caraïbes.
   Du fait de leur présence anecdotique ou insolite dans le paysage culturel, les apports culturels amérindien, chinois, indien, provincial européen, syro-libanais… peuvent parfois sembler relégués derrière des cloisons retenues de l’extérieur.
   Les activités associatives, surtout actes de mémoire, semblent parfois s'essouffler dans le sempiternel et la routine, faute peut-être de méthodologie efficace, de renouvellement des acteurs, de diffusion médiatique des actions, ou de simple volonté de mutualisation des compétences.
   Citons les efforts louables de l’association Padma de Petit-Canal qui honore chaque année la mémoire d’un personnage indien remarquable disparu, en apposant une plaque à son nom sur une stèle commémorative tandis que des lumières sont allumées sur un monument en forme de bateau.
   L’anniversaire de la première arrivée indienne du 24 décembre au monument de la Darse de Pointe-à-Pitre, n’a curieusement rassemblé le 24 décembre 2010 qu’une infime poignée de participants.
   Récemment, le maître danseur pondichérien Raghunath Manet est venu à la Guadeloupe où il a prêté main forte à l’association « Rèpriz », un organisme qui se consacre à la préservation d’éléments du patrimoine immatériel de toutes nos origines, comme les danses provinciales de France, ou les survivances des tambours d'origine africaine et indienne. Sri Raghunath a grandement aidé à la collecte et à la validation de chants et rituels tamouls ancestraux.
   Innovation, ce 16 janvier 2011 à Saint-Pierre en Martinique, la fête de Pongal  est célébrée par diverses manifestations artistiques et culturelles indiennes et indo-créoles. Notons l’intervention d’un groupe de tambours tassa venu de Trinidad & Tobago.
   Par-delà les manifestations sporadiques à caractère mémoriel, outre l’enseignement des langues indiennes, les recettes de cuisine, les recherches en milieu scolaire sur la curieuse « présence indienne parmi nous », ou les danses calquées sur les films Bollywood, une créativité novatrice, une dynamique plus moderne, et la capacité d’impulser l’émergence d’un nouvel imaginaire indo-créole dans le paysage antillais, se font attendre.
   Mais la notion de culture  arc-en-ciel  fait son chemin. Face à la déculturation produite par la mondialisation outrancière, l'avenir est à la persistante et originale multiplication des rencontres inter-culturelles.. Il passe sans aucun doute par notre compétence à extraire et rapprocher harmonieusement les plus nobles valeurs de nos sources et ressources, sans exclusive.

  • IR : Sur quelle note désirez-vous conclure cet entretien ?

JSS : Je dirai que les publications du niveau et de la consistance de cette publication qui rassemble tant de données et de réflexions sont rares. De tels outils sont de bons moyens de faire avancer la connaissance préalable nécessaire à l’action juste.
   On doit donc louer l’effort de tous ceux qui ont initié ce travail et qui y ont contribué. Espérons aussi que cette publication sera disponible dans les librairies, médiathèques, bibliothèques et CDI de nos îles, et du « maître-pôle ».
   Derrière la foison de travaux afro-antillais, les rayons indo-créole y restent inexistants ou maigrichons, les réactions à nos interpellations toujours trop réticentes.

 

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L'Esprit créateur

   L'Esprit Créateur, célèbre revue d'Etudes Francophones publié par John Hopkins University Press et l'Université du Minnesota, consacre un numéro spécial « Indian Ethnoscapes in Francophone Literature », consacré aux écrivains francophones descendants de l'engagisme, la période d'exploitation des Indiens qui fit suite à l'esclavage des Africains.
   En 2006 des auteurs francophones d'origine indienne ont été primés -- Shenaz Patel (Prix Soroptimiste de la Romancière francophone pour Le Silence des Chagos,), Ananda Devi (Prix des 5 Continents de la Francophonie pour Eve de ses décombres).  Natacha Appanah-Mouriquand, Ernest Moutoussamy, Khal Torabully, entre autres, ont aussi attiré l'attention des critiques. Résidents ou originaires de l'îlle Maurice, de Guadeloupe, Martinique, Madagascar, des Seychelles,de la Réunion ou de France, ces écrivains négocient les tensions des traversées multiples, de la nationalité d'origine, l'identité ethnique, la mémoire culturelle.
   Consacré à la diaspora francophone de l'engagisme, une dimension des études littéraires qui reste tout aussi négligée que l’écriture de l'Asie du Sud, ce numéro de L’Esprit Créateur offre des essais d'écrivains nés ou résidant en Australie, Belgique, France, Guadeloupe, Martinique, à la Réunion et aux USA.

  
      

L'Esprit Créateur : http://espritcreateur.umn.edu

Johns Hopkins University Press
Journals Division
PO Box 19966
Baltimore, MD 21211-0966 USA
www.press.jhu.edu/journals

Pour commander le numéro : courriel : jrnlcirc@press.jhu.edu

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