Des origines diverses venues d’Europe et d’Inde

En France, des traces écrites relatives à des salles vertes désignent un réduit entouré de charmilles épaisses ou d’arbrisseaux serrés, et qui a d’ordinaire la dimension d’un salon de compagnie (1). Elle sert vraisemblablement au repos, à la détente dans un lieu agréable à la température idéale, la végétation faisant ombrage. Elle est éloignée dans le jardin, installée à l’écart - réduit venant du latin reductus, qui est à l’écart. Elle revêt aussi un caractère d’immobilité, de construction permanente.

En Inde on parle souvent de pandèl, espace clôt par un toit, pavillon provisoire érigé sur quatre piliers pour les besoins de certaines cérémonies religieuses ou de mariages (2).

Louis DUMONT nous la décrit parfaitement : " Il s’agit d’une façon simple de donner de l’ombre sur un espace comme la cour d’une maison : sur de légers poteaux reposent horizontalement des demi-feuilles de cocotier tressées. Cette construction légère a en même temps un caractère cérémoniel. (…) Il faut généraliser : le pandal est aussi indispensable lors des funérailles que lors des mariages, dans les grandes fêtes religieuses que dans les cérémonies familiales." (3) Sa fonction n’est pas la même que la salle verte française, le pandèl est une sorte de temple en miniature et son recours s’exerce dans un contexte plus sacré. De plus le pandèl possède un caractère non permanent dans le temps au contraire de la salle de verdure européenne précitée. En Inde, le pandèl est érigé lors d’un moment de foi ou de fête alors que le petit réduit français semble être destiné à la méditation et au farniente.

 


(1)Littré, dictionnaire du XIXème siècle, p.1812. Le terme salle de verdure est aussi usité.
(2)FREDERIC Louis, Dictionnaire de la civilisation indienne, Robert LAFFONT, Paris, 1987
(3)DUMONT Louis, Une sous-caste de l’Inde du sud organisation sociale et religion des Pramalai Kallar, E.H.E.S.S., Paris, 1990 (réédition), 460 p., p. 222

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