Les traces réunionnaises

Sur l’île, le premier auteur à nous parler de salle verte est un propriétaire terrien de Sainte-Suzanne se nommant De LESCOUBLE. Voici ce qu’il écrit dans son journal intime à la date du 16 décembre 1827 : " Nous avons eu assez fréquemment de la pluie ces deux derniers mois et plus particulièrement la veille et le jour du mariage. Heureusement l’après-midi en fut exempt. Autrement le repas de noce eut été bien trempé, étant préparé sous une salle verte."(1) De Lescouble ne peut désigner une salle de verdure car une cérémonie ne peut se dérouler en pareil endroit. Peut-être DE LESCOUBLE désigne-t- il une structure analogue au pandèl indien dont la définition semble plus proche de sa description.

En 1858, LE COURT décrit une fête indienne se déroulant sur un grand domaine sucrier : " Depuis huit jours, pendant lesquels les futurs officiants ne se nourrissent que d’eau de coco… sur un des coins de l’habitation s’élève une espèce de pagodes faîtes de tiges de bambou et de feuilles de cocotier."(2)

La littérature locale offre aussi des traces de salle verte, Marius et Ary LEBLOND dans Le miracle de la race nous en parle ainsi : " Les demoiselles du cortège ayant déposé sur le lit leurs chapeaux et leurs écharpes, l’on pénétra sous la salle verte."(3)

Ces trois descriptions ont en commun leur contexte festif dans le cas du premier et du troisième témoignage, cérémoniel et religieux dans le cas du deuxième.

 


(1)De LESCOUBLE Jean-Baptiste Renoyal, Journal d’un colon de l’île Bourbon 1826-1830, L’Harmattan-Edition du Tramail, 1990, 1500p.
(2)ARIMOUTOU Michèle, Les engagés du sucre, L’Harmattan-Edition du Tramail, Saint-Denis, 1989, 261p. , p. 117
(3)LEBLOND Marius-Ary, Le miracle de la race, Albin Michel, Paris, 1949, 317p. , p. 143

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