Sur cette page, découvrez les
publications un peu plus anciennes mais toujours d'un grand intérêt, qui
participent elles aussi de la vie culturelle indienne en France : romans,
essais, périodiques, beaux livres..., par des auteurs indiens traduits
publiés en France, ou par des auteurs français passionnés par l'Inde. Ne
manquez pas non plus les ouvrages relatifs aux cultures indo-créoles ainsi
que les CD et DVD.
Le magazine trimestriel proposé
par l'Ambassade de l'Inde à Paris, dans son numéro de
janvier/février/mars 2012 nous invite notamment à un parcours
artistique autour des artistes Sujata Bajaj, Anju Chaudhuri et
Narayanan Akkitham. Nous retrouvons également, au fil des pages,
la figure quasi mythique d'Alexandra David-Néel ainsi que des
horizons géographiques nous menant de Mehrauli (la plus vieille
partie habitée de Delhi) au Maharashtra en passant par Karauli
au Rajasthan.
Le magazine poursuit également sa présentation de l'art et de
l'artisanat de l'Inde (2e partie), avec en particulier le
travail du métal, de bijoux et des textiles, ainsi que sa
présentation de l'Ayurveda, dans une 3e partie intitulée "Les
cinq métiers de votre estomac".
Bien d'autres choses sont à découvrir au fil de ce numéro 405.
Présentation de l'éditeur : Résumé : Écrit pour garder le fil avec son
père de 93 ans, Immersion est d’abord le récit d’un homme parti
vivre, l’année de ses 50 ans, durant trois mois, le quotidien d’un orphelinat en
Inde. Mais bien vite ce texte devient le témoignage, au jour le jour, d’une
immersion progressive dans cette terre de contrastes et de paradoxes tant de
fois mythifiée.
Parce qu’il n’attend plus grand-chose de l’Occident, parce qu’il
sait se contenter de peu pour vivre et aspire à beaucoup dans les échanges
humains, peu à peu, Jean-Christian Beau est devenu, avec pudeur, douceur et
lenteur, Jessy-sir, un homme riche, pour toute sa vie, d’une immersion réussie
dans le continent indien. L'auteur : À 50 ans, Jean-Christian Beau plaque tout
et part quelques mois comme volontaire en Inde. Au contact des handicapés d’Amar
Seva, il retrouve, dans le dénuement, la douceur, la lenteur, la communication
par l’essentiel et le « cruel » manque d’argent pour survivre, des valeurs qui
lui sont chères.
Fort de cette obligation pour chacun de débrouillardise, de
créativité, de tolérance et de conscience d’interdépendance les uns les autres,
il vit désormais en Inde, où il a créé une association de défense pour les
animaux.
Les éditions Actes
Sud publient un roman de l'auteure bangladeshi Tahmima Anam
.
Deuxième volet d'une trilogie retraçant l'histoire du Bangladesh a travers
l'expérience d'une famille,
Un bon musulman
suit le destin d'un frère et d'une sœur dont les routes divergent après les
traumatismes de la guerre d'indépendance. Devenue médecin, Maya, qui milite en
faveur de l'émancipation des femmes de son pays, ouvre un dispensaire, cependant
que son frère adoré, Sohail, se réfugie dans les traditions les plus rigides de
la religion musulmane. Un roman dont la puissance et la nécessité ont été
unanimement saluées par la presse britannique.
Un bon musulman
s’ouvre sur une évocation de la fin de la guerre de 1971 et la libération du
Bangladesh. Une fois la fièvre de la révolution retombée, tous les habitants
de ce pays qui vient de naître sont confrontés aux défis de la paix. Comme
celui de bien d’autres, le destin de la famille de Rehana Haque va se
trouver radicalement modifié. On le découvre à travers le parcours de Maya
et Sohail Haque, les deux enfants de Rehana. Tandis que Maya, jeune médecin,
très engagée auprès des femmes, s’emploie à les aider à conquérir leur
liberté, son frère Sohail, profondément affecté par le souvenir de la guerre
et par des événements traumatisants sur lesquels le voile n’est levé qu’à la
fin du roman, se réfugie progressivement dans la religion musulmane dont il
adopte les positions les plus intolérantes et les plus sectaires, au point
de se détourner progressivement de sa sœur comme de sa mère - et, plus tard,
de son propre fils. Très perturbée par la transformation de son frère auquel
elle était très liée avant la guerre, Maya décide de s’exiler et quitte la
maison de son enfance. Elle parcourt le pays et s’installe à Rajshahi, où
elle ouvre un dispensaire après avoir travaillé dans divers hôpitaux
universitaires. Loin de s’ouvrir davantage au monde après son mariage avec
Silvi - avec laquelle il aura un fils -, Sohail se retranche toujours plus
dans la religion jusqu’à adhérer bientôt, avec sa femme, à la secte
islamique Tabligui Jamaat - la congrégation de l’islam -, décision qui signe
la rupture avec sa mère. De son côté, Silvi, l’épouse de Sohail, organise
régulièrement des réunions de femmes afin de leur enseigner les différentes
conditions à remplir pour être une bonne Musulmane et entretenir le rapport
qui convient à Dieu, à la moralité, au monde masculin et au sexe, au voile,
ainsi que la vie du prophète et de ses femmes, et la manière d’élever les
enfants. Quant à Sohail, c’est à la mosquée qu’il dispense ses enseignements
auprès de son propre groupe d’adeptes, qui, devenus prosélytes, y entraînent
leurs fils et leurs connaissances afin qu’ils puissent bénéficier des leçons
de celui qui est désormais considéré comme un saint homme. C’est en
apprenant le décès de Silvi, qui succombe à la maladie qui l’a frappée, que
Maya, après sept ans d’absence, prend la décision de rentrer chez elle. Très
vite, elle s’attache au petit Zaid, le fils de Sohail, découvre qu’il n’est
pas scolarisé et s’efforce de lui apprendre l’alphabet. Hélas, toutes ses
tentatives pour faire inscrire Zaid à l’école resteront sans effet. Sohail
fait le choix d’envoyer Zaid dans une madrasa, sur une île lointaine.
Bouleversée, Maya se sent obligée d’agir : après avoir réussi à identifier
la madrasa où son neveu a été envoyé, elle entreprend le voyage pour tenter
de le récupérer. Maya et Sohail incarnent ici deux conceptions du monde : à
la modernité émancipatrice de la jeune femme s’oppose l’obscurantisme
militant de Sohail et de ses adeptes. Mais tout l’art de Tahmima Anam réside
dans la manière dont, par petites touches impressionnistes, elle parvient à
rendre sensible cette confrontation en la nourrissant de ce qui fait la vie
de toute famille dans ses contradictions, ses affects passionnés ou ses
non-dits fondateurs.
En partenariat avec Lugdivine,
nous
permettrons à trois gagnants de remporter un
exemplaire de Une découverte sonore de l'Inde. Répondez à la question
suivante. Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses.
Question. Lequel de ces instruments est un instrument à cordes
indien : le tabla, le tanpura, la balalaïka, le shehnai ?
Fin du concours le 11 février à midi. Gagnants : Carrie H. de Ruminghem (62), Charlotte T. de La
Rochelle (17), Paul-Eric C. du Péage-de-Roussillon (38).
Deux DVD de Louise Gunnell,
produits par
Kalavistar.
Aborder l’Inde par son univers sonore, c’est ce que proposent ces
deux films sur la musique hindoustanie - savante, mais non écrite.
“Tout ouïe” nous fait pénétrer
dans le monde du chant classique, dévotionnel, ou populaire.
“Des pieds et des mains” est une clé pour l’atelier d’un facteur de
sitars et de tanpuras, les grands luths de la musique de l’Inde du Nord.
Proposé par les productions
Lugdivine :
EDITIONS MUSICALES LUGDIVINE
BOITE POSTALE 9025
69265 Lyon 09
Tél. : 04.37.41.10.40
Avec Jaya,
album proposé par l'éditeur réunionnais Des Bulles dans l'Océan, c'est au cœur
même des Indes réunionnaises et de leur histoire que nous entraînent la
scénariste Sabine Thirel et le dessinateur Darshan Fernando, avec
la complicité du coloriste François-Marc Baillet. Les premières planches nous
font partager, à bord d'un vaisseau appelé La Créole, le triste quotidien de
ceux qui, dans la seconde moitié du XIXe s., furent amenés des misères de l'Inde
affamée aux misères d'une vie quasi servile dans les habitations de l'Île
Bourbon.
Le scénario et sa part d'aventures et d'émotions n'est certes pas
un obstacle à la valeur documentaire et historique de l'album, qui donne à ceux
qui l'ignoreraient un aperçu assez saisissant de ce que pouvait être
l'engagisme, depuis la traversée et ses victimes jusqu'à la révolte et ses
martyrs, en passant par le séjour au lazaret de la Grande Chaloupe avec ses
prédateurs odieux tapis dans l'ombre.
La jeune Jaya, loin de Karikal, survit aux épreuves. Du sang de ses
semblables sont issus ceux qu'aujourd'hui encore, à la Réunion, on appelle les
Malbars...
Bref, un album à ne surtout pas manquer !
Quatrième de couverture : "L’abolition
de l’esclavage en 1848 eut pour conséquence brutale et mal estimée le manque
de main d’œuvre pour les plantations, la canne à sucre notamment. Les
armateurs, armés par les gros exploitants, firent alors le tour des
continents pour trouver une main d’œuvre bon marché et prête à
s’exiler à l’autre bout du monde avec la promesse d’un avenir prometteur.
Ainsi s’embarqua en 1865 Jaya, comme plus de 30.000 indiens dans les années
qui suivirent, à destination de l’Ile de la Réunion, donnant à l’ile
d’aujourd’hui une des facettes de son identité multiraciale.
Cette aventure pleine de rebondissements est un subtil mélange de
rigueur historique, sous la plume de la scénariste Sabine Thirel,
réunionnaise passionnée d’histoire, et d’un formidable talent
graphique fait de mouvements, de profondeur et de finesse en la personne de
Darshan Fernando qui signe là son premier album, plein de maîtrise.
Embarquez avec Jaya sur La Créole pour découvrir l’île Bourbon et son
lazaret, vous serez conquis."
DES BULLES DANS L’OCÉAN
63, rue Jean Chatel
97400 Saint-Denis - La Réunion - www.dbdo.re
sortie décembre 2011
72 pages quadri
22 x 29 cm - 19,50 euros
ISBN 978-2-919069-10-1
L'univers des bâuls est
sans conteste un des plus fascinants que l'Inde ancestrale ait enfanté, et que
l'Inde contemporaine perpétue encore. Ces "fous" mystiques et errants, fous
chantants aussi, bien sûr, originaires du vieux Bengale, sillonnent les villes
et les campagnes de l'Inde, et font désormais entendre leur voix bien au-delà
des frontières, qui pour eux n'ont d'ailleurs aucun sens. Depuis 2005, du reste,
leurs chants sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
C'est dans cet univers que nous entraînent Bapi Das Baul et ses
musiciens, portant un message de vie et d'amour, syncrétisme des spiritualités
soufie et hindoue comme des émotions humaines les plus profondes, autant dire
aussi les plus élevées. Les textes de ces chants ont la richesse simple et
vibrante des cris de l'âme, enracinés dans l’indémodable poésie des Kabîr et
autres bardes anciens, mais sachant aussi se mettre en phase avec le monde
moderne, de façon satirique s'il le faut : "Comme cette société est étrange !
[...] Les familles de ministres s'enrichissent en puisant dans le trésor public
et sont pour la plupart connectés aux syndicats du crime" (morceau 6, "Kali Kal
Bhai"). La plupart des chants ont cette tonalité paradoxale, mais peut-être très
indienne, de clamer, avec le sourire enjoué de la sagesse, la peine tragique de
l'homme prisonnier du monde illusoire d'ici-bas, quand en lui tout aspire à
s'élever vers l'Absolu. "Maya me tient, je suis incapable de m'enfuir" : telles
sont les premières paroles du CD, tandis que la septième plage, "Boshe Achi
Pare", se termine sur ces mots : "Les jours et les nuits se succèdent alors que
j'attends toujours que tu viennes me délivrer."
Musicalement, le CD frappe par son unité et son accessibilité à
l'oreille occidentale : la musique des bâuls, un peu à la façon du qawwalî,
voire de la musique andalouse, mais dans une tonalité différente, s'appuie sur
une rythmique prégnante et ronde portée par la solidité modulée des
percussions (tabla, dhol, khol...). Les mélodies et les ornements, vocaux comme
instrumentaux, – avec notamment la nuance chaude et aérienne des flutes ou le
jeu piquant des cordes – ont quelque chose d’universel derrière la couleur
orientale, tandis que les arrangements apportent dans plusieurs morceaux une
touche de modernité électrique qui ne nuit en rien à la substance profonde de
ces musiques intemporelles.
La seule réserve, minime, tiendrait au chant qui, dans le phrasé
mais surtout dans la densité du timbre, semble rester un peu en retrait de la
puissance émotionnelle qui transpire de tout l’esprit bâul.
Titre :Sufi
Baul - Madness & Happiness Artiste : Bapi
Das Baul / Baul Bishwa Code CD
Code:EUCD2208
11 morceaux, 58:28 min
L'Inde...
c'est merveille ! c'est le choc des cultures, leur confluent pourtant.
Trente et un passionnés racontent dans ce recueil leur rencontre avec cette
contrée mythique. Ils ou elles sont écrivains, sanskritistes, chercheurs,
yogis, traducteurs, danseuses, artistes, humanitaires, journalistes,
photographes, réalisateurs, mathématiciens, informaticiens ... ou encore
simples voyageurs... tous amoureux de l'Inde.
Ils sont réunis là comme les sages un peu aveugles et
tâtonnants autour de l’éléphant de la parabole, mettant en commun leurs
lueurs pour chercher à s’en faire une idée. Comme des spectateurs éblouis
saisissant quelques poses de cette danse éternelle de Kali ou de Shiva
qu'estBharat-India.
Avec la participation deJean
Biès, Alain Porte, Michel Coquet, Jean-Claude Carrière... mais
aussi :
Antoine Barrois –
Nicolas Beuzen – Philippe Bichon
Fabienne Bouvy – Louis Campana – Armelle Choquard
Babeth Coste-de Geyer – Brigitte Galle – Leïla Gandhi
Brigitte Jacques L. – Alain Joly – Sara Keller – Madeleine Lacour
François Lamaëstre – Pierre-Jean Laurent – Jean-François Lixon
Murielle Lona – Élisabeth Marx – François-Marie Périer
Philippe Pratx – Sandrineinde – Josiane Sarrazin –
Jean-Pierre Sola – Ève Stévenne – Gilles B. Vachon – Dominique Vincent
Photo de couverture :Claude
Renault
Illustrations intérieures :Sara
Keller et Philippe Bichon NB : Les droits de tous les auteurs et une marge
humanitaire Brumerge seront reversés à l'association « Un Rêve Indien » pour
la création d'un dispensaire dans un quartier déshérité de Bénarès.
À l'occasion de la sortie de
l'ouvrage collectif "Les Amoureux de l'Inde", (éd. Brumerge,
Grenoble), dont les droits seront reversés à Céline Hegron pour la
création d'un dispensaire dans un quartier pauvre de Bénarès.
Ainsi que du décrochage de l'exposition-photos "Darshanas", de
François-Marie Périer (du 3 au 27 janvier)
Nous vous convions à un apéritif-rencontre avec des auteurs du
recueil, à la galerie L’Étranger, (à l'angle de la rue Saint-Laurent
et de la rue Chevalier à
Grenoble),
le jeudi 26 janvier, à partir de 18h30.
Après une présentation du projet de Céline Hegron à Bénarès, nous
pourrons y échanger librement autour de l'Inde.
Soyez tous les bienvenus...
Kirane G.
Gupta, bien connue pour ses deux restaurants indiens à Paris, le Kirane's et
le Nirvana, et récompensée d'une Fourchette d'or en cette année 2011, nous
gratifie d'un superbe coffret composé d'un livre de cuisine qui devrait aider
tous ceux qui n'ont encore jamais osé se lancer dans les recettes indiennes...
et de douze sachets d'épices authentiques.
Les soixante recettes sont à la portée de tous, comme
l'indique le titre, et adaptées aux produits disponibles en France. Variées et
claires, elles vous permettront de réaliser les plats les plus simples comme des
menus de fêtes complets.
Les sachets d'épices, quant à eux, sont le "plus" savoureux
qui vous donnera un coup de pouce supplémentaire pour vous lancer dans vos
premières réalisations, sachant que "contrairement aux idées reçues, la cuisine
indienne n'est pas plus difficile à faire que la cuisine française", comme
l'écrit Kirane Gupta elle-même.
Une excellente idée cadeau, aux éditions du Dauphin, à commander directement
sur
cette page du site de l'éditeur.
A noter que
Les droits d'auteurs sont versés à l'association "servants of children
society" dans le village de Meerut, Inde du Nord.
Muraqqa'est
l'histoire d'une femme artiste à la cour du roi moghol Jahangir au début du
XVIIe siècle. Ce terme signifie littéralement "patchwork", et il désigne un
album pouvant réunir des miniatures, des dessins et des calligraphies,
composé à l'intention d'un personnage de haut rang, ce qu'est amenée à
produirePriti,
l'héroïne de cette série de 4 tomes.
Priti a 20 ans, elle aime vivre au grand air, croquer des animaux et se
questionner à propos du monde qui l'entoure. Elle fait partie de la communauté
Jain et voudrait pouvoir n'être vêtue que par le ciel, comme ces moines
Digambara, bien que cela ne soit pas autorisé aux femmes.
Nadim, l'eunuque de la reine Nur Jahan, ayant remarqué ses talents au sein de
l'école des arts de Mughal en a informé sa maîtresse. Car la reine Nur a depuis
quelque temps le projet de faire mettre en images la vie des femmes du palais
sur unMuraqqa'.
Qui d'autre de mieux que Priti pourrait l'exécuter ? Cette jeune femme pure se
retrouve ainsi à la cour d'un souverain musulman, spectatrice de la vie du
sérail et de son époque...
Nourjehan Viney nous emmène dans un univers de légendes, celles qui ont
bercé son enfance...
"Bojarajan, vénérable roi d'Ujein-la-Belle, part chasser les tigres
qui menacent sa ville : il s'enfonce dans la jungle, accompagné de ses hommes
les plus vaillants. Au cœur de la jungle il découvre un champ de millet ; au
milieu du champ un tertre ; au sommet du tertre un fauteuil ; sur le fauteuil un
vieillard à la sérénité souveraine. Sous le tertre sont enfouies trente-deux
marches en or ornées de statues de femmes, conduisant à un trône d'or. Avant que
Bojarajan puisse espérer s'y asseoir, il lui faudra entendre les histoires que
vont lui raconter les trente-deux statues d'or, vouées à glorifier la mémoire du
roi Vikram.
Le récit des premières années de Vikram, empereur ayant fait
courber l'échine à plus d'une centaine de souverains, puise dans la tradition
indienne luxuriance, générosité, humour, aventures, fruits miraculeux,
bestiaires fantastiques, démons contrariants et dieux bienveillants (et vice
versa). Amour, conflits, magie mènent des contes enchâssés les uns dans les
autres, selon la tradition orientale, autour de la figure inquiétante du
vampire, maître des énigmes" (quatrième de couverture).
Séances de dédicaces 2012 :
- Le lundi 13 février, à
Paris, dans le cadre de la quinzaine du livre indien, lors du 3ème
dîner-rencontre avec les auteurs de livres sur l'Inde parus en 2011. A partir de
19h30 au Restaurant Chez JENNY, 39 Bd du Temple, M° Republique. Un évènement
organisé par l'EIEBG (inscription auprès de l'EIEBG : EIEBGparis@gmail.com).
- Le samedi 25 février à partir de 17h, à la librairie Doucet - 66 avenue
du Général de Gaulle - 72 000 Le Mans.
- Le vendredi 9 mars (de 12h à 15h) et le samedi 10 mars (de 10h30
à 13h30) à la librairie L'Amandier - 45 boulevard Richard Wallace à Puteaux.
Le livre est publié chez Actes Sud /
Babel. ISBN : 978-2-7427-9959-6
Dès les premiers souffles du
« Raga Malya Maruttam » qui ouvre l’album, on est happé par la sensualité chaude
et caressante d’un vent qui semble monter des sables dorés du désert du Thar. La
flûte de Pandit Ronu Majumdar édifie des paysages. Des reliefs aux
courbes hautes et aux vallées ombragées. Les premiers coups portés par le pakhawaj résonnent avec tranquillité comme les pas de l’éveil, au matin, tandis
que les cordes lointaines et le bourdon tournoient timidement, reste de nuit et
de sommeil qui s’étire encore aux premiers rayons du jour…
La flûte bansuri a immanquablement ce pouvoir poétique de
métamorphoser le son en image, la vibration en espace, l’émotion en énergie
mouvante, de brouiller les limites du rêve et de la conscience lucide. Elle sait
aussi se faire plus incisive, sur le deuxième morceau : « Pahadi Dun », tandis
que dans le troisième, « Raga Bhim Palasi », elle nous guide dans les couloirs
et les salles spacieuses d’un vaste palais où l’après-midi lèche de ses rayons
déjà obliques les gestes de tous ceux qui, affairés ou alanguis, vaquent à leurs
occupations.
La dernière plage, « En mémoire de Kabîr », au phrasé presque
narratif, tintant de ses manjiras (petites cymbales) cristallines, nous conte
avec dévotion, puis avec exaltation, l’amour du grand sage-tisserand pour
l’humanité. « Cette composition est pour moi comme une prière quotidienne. »
C’est ce qu’en dit Ronu Majumdar lui-même, et nous le croyons sans peine.
Une réussite incontestable !
Titre :Master
of the Indian Bansuri Artiste : Pandit
Ronu Majumdar Code CD
:EUCD2056
4 morceaux, 66:11 min
Au confluent des influences
indienne et portugaise, hindoue et catholique, la musique de l'ancien comptoir
lusitanien, rentré dans l'Union en 1961, a une saveur et une couleur uniques. Le
CD propose dix morceaux, chantés en konkani ou portugais par Gonzaga Coutinho
et ses complices, avec traduction anglaise dans le précieux livret inclus.
Chanson d'amour (mando), chanson de mariage (ovi), sonorités de la
guitare et du synthé, du piano et du violon... Une ambiance musicale
inhabituelle et qui pourtant semble éveiller de vieux souvenirs universels, qui
sent bon la gaîté latine et la chaleur indienne, la saudade et la
douceur... Les plages enjouées, à la légèreté guillerette et dansante ("Kedna",
"Voddekara"...) alternent avec les morceaux presque contemplatifs ("Mollbailo
Dou", "Tambde Roza"...). L'oreille occidentale retrouve des rythmes et des
mélodies qui lui caressent l'oreille sans dépayser complètement, jusqu'à ce que
l'inimitable sonorité de la flute indienne introduise la cinquième chanson,
éponyme du CD, nous entrainant dans un métissage sonore des plus harmonieux,
tandis que les respirations sensuelles du tabla et du sitar dans l'ultime
morceau nous laissent sur un adieu déjà plein de nostalgie.
Rien à jeter dans cet album, à écouter douillettement le soir, au
bord d'une mer calme ou à l'orée de rêves sages de voyage...
Titre :Traditional
& Popular Songs from Goa - Shangri-La Goa Artiste :Gonzaga Code CD :EUCD2350
10 morceaux, 45:50 min Livret en plusieurs langues dont français
Produit par ARC Music :
http://www.arcmusic.co.uk
Lien direct et achat.
La déesse ! Universelle, une
et multiple, belle et mystérieuse, puissante et aimante... Quelle figure idéale
pour un album de world music... Le sitariste et multi instrumentiste
classique virtuose Baluji Shrivastav (connu aussi pour ses collaborations
avec Annie Lennox, Massive Attack ou Doves...) nous conduit de rencontre en
rencontre, à commencer par un hommage conjoint à Parvatî, Sarasvatî et Lakshmî,
dans un premier morceau mariant ragas et talas typiques de chacune de ces
figures majeures du panthéon hindou. Ensuite, ce seront tour à tour Yemanja
l'aquatique Africaine, Erzulie l'Haïtienne porteuse d'amour, Guan Yin la
Chinoise miséricordieuse, Amaterasu Omikami la Japonaise solaire, Sedna, déesse
inuit de la mer et enfin Hina, généreuse figure lunaire du Pacifique...
B. Shrivastav, bien entouré (notamment par Andy Williams,
percussionniste des Doves), a su trouver pour chacune de ces rencontres une
tonalité suggestive et dense, où les clins d'œil amusés n'empêchent pas la
profondeur du propos musical et où le piège de la facilité et des clichés est
évité avec bonheur. Un coup de cœur particulier - et purement personnel - pour "Guan
Yin,The Merciful" et ses lancinances prenantes, ainsi que pour le morceau final,
"Hina in Moonlight", aux paisibles élégances, tandis que les plus férus de
musique hindoustanie goûteront sans retenue au miel de la première plage
consacrée aux déesses hindoues...
Titre :Goddess
- Indian Music in Celebration of Goddesses Around the World Artiste :Baluji
Shrivastav Code CD
:EUCD2283
7 morceaux, 54:15 min
Les éditions Actes
Sud publient un nouvel ouvrage de Karan P. Varma, après Le
Défi indien : Devenir indien, dans la collection "questions de
société".
Présentation de l'éditeur : "Poursuivant
le décryptage décapant de la psyché indienne entamé dans ses deux ouvrages
précédents, Pavan Varma retrace ici le parcours d'une colonisation des esprits
qui, loin d'avoir pris fin avec le départ des Britanniques et l'indépendance
politique de l'Inde, se renforce aujourd'hui sous l'effet d'une mondialisation
qui a incité le pays à adopter une culture du plagiat marquant désormais de son
sceau les pratiques linguistiques du pays comme sa production artistique
actuelle. Passionné et militant, un essai qui convoque la grande histoire comme
l'histoire personnelle, pour dénoncer les risques d'une confiscation de la
créativité et du devenir identitaire d'un pays qui dispose pourtant de tous les
atouts pour devenir une puissance majeure du XXIe siècle."
Stéphane Guillerme propose un
ouvrage qui regroupe ses trois précédentes publications. "Images pleines de
symboles, symboles mis en image, l'iconographie religieuse indienne traverse de
multiples reflets de la représentation divine. Débordements de créativité chez
les hindous, reproductions vieillottes ou colorées chez les chrétiens,
affranchissement d'interdits chez les musulmans, l'Inde, terre de ferveurs
excessives, nous étonne par la beauté colorée et raffinée de ses images
religieuses. Ici, tout nous invite à la spiritualité et à l'étonnement"
(quatrième de couverture).
Ce beau livre est publié aux éditions Almora. ISBN :
978-235118-068-6
François-Marie Périer, écrivain, voyageur, photographe... nous
propose avec ce livre une remarquable réflexion, pleine de
sensibilité et de profondeur, sur la poésie se faisant spiritualité,
ou la spiritualité se faisant poésie...
"So’ham, en sanskrit : «
je suis Lui » – le Brahman, l’Âme universelle – et c’est le son que
fait le souffle en l’homme, réponse à sa question : Ko’ham ? qui
suis-je ? Le Hamsa, c’est le cygne migrateur. Les penseurs indiens y
virent, par l’homophonie et la beauté de l’oiseau, le symbole de
l’âme, de la parole, du souffle qui les relie. Ce qui respire en
nous est ce qui nous inspire. Nous prononçons son nom, il meurt et
renaît incessamment. Dans ses transmigrations, notre corps est le
delta de son séjour. Le souffle créateur, qui porte l’âme ailée,
peut se traduire en grec pneuma. Psyché aussi, l’âme parcourue par
le souffle de vie. Poiesis, c’est la « création », soutenue par la
parole et la connaissance, Logos, qui comme un arbre maintient
ouvert l’espace entre ciel et terre.
Ce livre est une pérégrination à travers les mythes, âges, et
traditions spirituelles et philosophiques du monde, et l’expression
poétiques qu’ils ont revêtue. La figure du poète, de l’Antiquité au
Moyen-âge et au Romantisme, jusqu’au monde moderne et à ses horizons
quantiques, accompagne les larges méandres de ce fleuve. On découvre
dans ce voyage la réflexion de l’auteur sur ce qui constitue pour
lui l’essence de la pensée et de la parole poétiques, comme
approches de l’Éveil ou expressions mêmes de sa nature."
N'hésitez pas à vous
procurer le livre, en envoyant un chèque de 24 € (frais de port
inclus) :
François-Marie Périer
Par une triste journée de septembre
1980, une jeune servante tamoule, Chellam - accusée par une fillette de
six ans, Aasha, d'avoir joué un rôle dans la mort mystérieuse de sa
grand-mère -, s'apprête à quitter, pour n'y plus revenir, la "Grande
Maison" de Kingfisher Lane qui abrite les Rajasekharan, une famille de
notables indiens de la ville d'Ipoh, en Malaisie. Sa sœur aînée, Lama,
s'étant, une semaine auparavant, envolée pour les Etats-Unis, la petite
Aasha est seule, à présent, pour affronter une situation familiale
délétère, entre un père aussi progressiste qu'absent et une mère que
ronge l'amertume...
C'est dans l'inquiétude ainsi créée et au fil d'un envoûtant récit
kaléidoscopique que Preeta Samarasan fait peu à peu surgir, sous le
regard de la fillette, les non-dits et les mensonges dans lesquels
s'enracine le "roman familial" des Rajasekharan, jusqu'à convoquer la
figure du grand-père fondateur, jadis misérable coolie perdu dans la
foule d'une immigration indienne aujourd'hui encore condamnée à la
précarité par des lois iniques, aux allures d'authentique apartheid,
dans un pays prétendument multiracial qui privilégie ouvertement sa
communauté malaise.
En invitant, dans un
roman impressionnant d'autorité et de lyrisme, à une exploration sans
compromis de la profonde corruption du rapport au monde, sur le plan
individuel et collectif, dont est responsable la classe politique de son pays, Preeta Samarasan
s'inscrit clans la lignée d'un Salman Rushdie. d'une Arundhati Roy ou
d'une Kiran Desai, et inaugure avec éclat l'entrée de la Malaisie sur la
scène de la littérature mondiale.
Une publication virtuelle pour changer, et en anglais : cette lettre
d'information du Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud (CNRS-EHESS),
disponible également sur le site officiel (http://ceias.ehess.fr/).
Douze pages pour se tenir informé des travaux de cet organisme de haut niveau,
dans le domaine anthropologique notamment.
“La vraie richesse réside dans une bonne santé, le
vrai bonheur, dans la paix du mental...” Swami Vishnudevananda
Le Grand Livre du Yoga de Swami Vishnudevananda a permis à des
générations d’occidentaux de faire l’expérience des bienfaits immenses que cette
science ancienne promet pour le corps, le mental et l’esprit.Unique
par sa capacité d’expliquer le yoga de façon claire, même dans ses aspects les
plus ésotériques, ce livre procure un programme d’entraînement complet qui
permet d’utiliser toutes les ressources du yoga pour :
- Détendre et régénérer le mental
- Augmenter la force physique et la souplesse
- Élargir la conscience spirituelle
- Améliorer la concentration
- Aider le corps à mieux absorber l’oxygène et la nourriture
- Prévenir les maladies et retarder le vieillissement.
À
travers 146 photographies en noir et blanc, Swami Vishnudevananda décrit toutes
les postures essentielles du yoga et donne au débutant comme à l’élève avancé,
les instructions expertes et l’inspiration qui ne peuvent s’acquérir qu’auprès
d’un maître.
Vous êtes invité à la
présentation des cinq principes de yoga de Swami Vishnudevananda à
l'occasion de la réimpression du bestseller Le Grand Livre de Yoga
aux Editions Le Courrier du Livre qui se déroulera le samedi 26 novembre
à 13h30 au Centre Sivananda de Yoga
Vedanta, 140 rue du Faubourg Saint Martin, 75010 Paris.
Par son authenticité, ce texte montre la voie du yoga tel
qu’enseigné depuis ses origines, destiné à stimuler la volonté et le désir
de réaliser son potentiel spirituel, et s’engager à mener une vie “divine”
en harmonie avec la nature.Un
enseignement dans la plus pire tradition, plus que jamais d’actualité.
Swami Vishnudevananda est l’une des personnalités mondiales les
plus éminentes dans le domaine du Hatha et du Raja Yoga.Il
est connu pour enseigner de façon très pratique comment intégrer le yoga
dans la vie quotidienne.Disciple
de Swami Sivananda, c’est par l’inspiration de ce dernier qu’il créa les
Centres Internationaux Sivananda de Yoga Vedanta aux États-Unis, au Canada,
en Europe et en Inde.
Les éditions Philippe Picquier ont la bonne idée de publier en
un seul volume les huit romans policiers indiens de Sarah
Dars : Nuit blanche à Madras, Coup bas à Hyderâbâd,
Ramdam à Mahâbalipuram, La morte du Bombay Express,
Rififi à Ooty, Malabar Connection, Pondichéry
Blues et Bengal hot.
Suivez le brahmane médecin et mélomane, "champion d'arts martiaux,
charmeur, gourmet" dans ses investigations pleine d'humour...
Plus de 1000 pages, 26€, ISBN : 978-2-8097-0266-8.
D'autres informations sur le site des éditions Picquier :
C’est la première fois que Reporters sans frontières publie un album consacré à
un pays. Pour illustrer l’Inde, Reporters sans frontières présente les clichés
de six immenses photographes de l’agence Magnum Photos : Alessandra Sanguinetti,
Martine Franck, Alex Webb, Olivia Arthur, Patrick Zachmann et Raghu Rai.
Tous ont passé plusieurs semaines sur place pour saisir le rôle des
femmes dans les bouleversements en cours. Cet album offre des images magnifiques
qui sont autant d’hommages à ces femmes qui occupent une place stratégique dans
l’évolution de l’Inde.
Disponible sur http://fr.rsf.org
En 1907,
séduit par la tranquillité des hauts plateaux où est édifiée la petite
ville de Songarh, Amulya décide de quitter la touffeur de Calcutta et
d'établir sa fabrique de plantes médicinales en lisère de forêts
mystérieuses où rôdent des léopards. Ancien centre de pèlerinage
bouddhique, Songarh est devenue un centre minier aux mains des colons
britanniques, et la femme d'Amulya, isolée parmi les populations
tribales et les Anglais qui côtoient les Indiens sans jamais se mêler à
eux, souffre en silence de cette nouvelle vie, beaucoup trop provinciale
à son gré. Après le mariage de ses deux fils, elle est frappée
d'étranges symptômes qui l'assignent à résidence dans sa chambre d'où
elle est le témoin d'un meurtre passionnel, drame auquel vient bientôt
s'ajouter le décès d'une de ses belles-filles qui meurt en donnant le
jour à la petite Bakul. Le roman se concentre alors sur le destin de
l'enfant et sur celui de Mukunda, orphelin sans caste que la famille a
recueilli. Saga familiale courant sur un demi-siècle et trois
générations, Un atlas de l'impossible invite à comprendre l'histoire de
l'Inde, de la colonisation à l'Indépendance, à travers la complexe
trajectoire de personnages capables d'établir des liens par-delà les
castes, les religions, les générations et les sexes. En célébrant la
force des relations individuelles et l'inaliénable rapport des hommes
aux lieux qu'ils habitent, Anuradha Roy donne ici à éprouver ce terreau
sensible où s'ancrent et se déploient les émotions tout autant que les
actes.
En mai 2009, la reddition des Tigres de
Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) et la mort de leur chef,
Vellupillai Prabhakaran, ont mis fin à plus de 25 ans de guerre
civile à Sri Lanka. Malgré l'écrasante victoire militaire du
gouvernement sri lankais, contrôlé par la majorité cingalaise, la
question tamoule n'est toujours pas réglée. Le conflit armé laisse
des traces : la population civile a été très durement touchée. 80 à
100 000 personnes sont mortes d’après l’ONU, des centaines de
milliers de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, les
codes et valeurs traditionnels des sociétés tamoules ont été
bouleversés. Par ailleurs, des centaines de milliers de Tamouls se
sont réfugiés à l'étranger. Une partie de cette diaspora tamoule sri
lankaise se mobilise depuis plus de 20 ans pour défendre les droits
du peuple tamoul contre le gouvernement sri lankais qualifié de
génocidaire et pour tenter d'attirer l'attention de l'opinion
publique mondiale, des Etats et des organisations internationales
sur la situation des Tamouls à Sri Lanka.
Les auteurs donnent des clés pour mieux comprendre les conséquences
du conflit intercommunautaire à Sri Lanka, mais aussi l'attitude des
communautés tamoules dans le monde.
SOMMAIRE
Introduction
par Eric MEYER, Institut National des Langues et Civilisations
Orientales, France
Chapitre 1.
Géographie des "espaces refuges" des Tamouls jaffnais depuis le
début du conflit à Sri Lanka
- par Delon
MADAVAN, Université de Paris-Sorbonne, ENEC, France L'un des effets sociaux les plus dramatiques de
trente années de conflit est le déplacement de la majorité de la
population tamoule résidant dans l'île, à la recherche d'espaces de
refuge. Delon Madavan, qui consacre sa thèse de géographie aux
communautés d'origine tamoule établies dans les cités de Colombo, de
Kuala Lumpur et de Singapour, était bien placé pour explorer
l'histoire et la géographie récente de ces déplacements et les
stratégies de survie mises en œuvre par les Tamouls originaires de
Jaffna, depuis les années 1980 et jusqu'au regroupement forcé en
2009, à l'issue de la défaite militaire des Tigres. Les Jaffnais
appartenant à la classe moyenne bilingue (tamoul-anglais) avaient
une longue tradition de mobilité, remontant à la fin du XIXe
siècle, à la recherche d'emplois, d'abord dans la région de Colombo,
puis en Malaisie, et s'étaient établis dans des espaces
communautaires, au sud de Colombo (Wellawatte, Dehiwela). D'autres
locuteurs tamouls, tout particulièrement les pêcheurs, migraient
d'une côte à l'autre et étaient très nombreux au nord de la
capitale, de Kotahena à Negombo et au-delà. Mais le conflit a
introduit des éléments nouveaux dans les schémas anciens : la
mobilité a cessé d'être une stratégie de réussite pour devenir une
stratégie de refuge et elle a pris une ampleur énorme. Fondée sur
des données démographiques vérifiées et corrigées (les recensements
ont été impactés par le conflit), la contribution de Delon Madavan
propose une analyse innovante et une cartographie précise de cette
mobilité de guerre. Il montre comment les mouvements spontanés à
courte distance à l'intérieur de la péninsule de Jaffna font place à
des déplacements plus organisés entre la péninsule et la région de
Wanni, et entre la péninsule et la métropole de Colombo, porte de
sortie pour l'émigration outre-mer, qui est en fin de compte la
seule qui offre un refuge sûr, une fois traversés les obstacles
matériels et financiers et les épreuves humaines du voyage.
Chapitre
2. Negotiating History and Attending to the Future : Perceptions
among and of
Malaiyaha
Tamils in Sri Lanka - par
Mythri JEGATHESAN, Columbia University, USA
Mythri Jegathesan aborde dans une perspective
d'anthropologie culturelle la question de la construction des
perceptions identitaires à travers l'exemple de la non-inclusion
dans le mouvement tamoul de la communauté des Tamouls du haut-pays (Malaiyaha),
engagés sur les plantations coloniales à partir des années 1830.
Selon elle, contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas tant les
liens maintenus avec la patrie sud-indienne, ou une différence dans
les structures de caste (la haute caste des Vellala, qui dominait la
société de Jaffna, est presque absente sur les plantations, et les
intouchables y sont beaucoup plus nombreux), qui seraient à
l'origine de ce phénomène. En fin de compte, la logique de
l'exclusion, à l'œuvre dès l'Indépendance (1948) à l'encontre des
Tamouls Malaiyaha, et qui allait se généraliser dix ans plus
tard à l'encontre des Jaffnais et des Tamouls de l'Est, préparant
les conditions du conflit séparatiste, était l'effet d'un imaginaire
social construit sous la domination coloniale et contre cette
domination. Comme l'exprime en termes généraux le chercheur indien
Partha Chatterjee (The Nation ant its Fragments, 1993) cité
par l'auteur, la construction de l'identité nationale en termes
culturels mettait en œuvre des processus d'exclusion et non
d'inclusion. L'auto-représentation des Tamouls Malaiyaha
favorisait jadis une forme de repli sur l'univers supposé clos et
autosuffisant de la plantation, mais valorise aujourd'hui l'aptitude
à réussir en émigration, à Colombo ou dans les pays du Golfe – une
forme d'émigration totalement différente de celle des réfugiés
jaffnais. L'aliénation économique et le déni identitaire dont
souffrait cette communauté ne pouvaient trouver d'issue dans le
mouvement séparatiste. (article rédigé en
anglais)
Chapitre 3. The Impact
of the Sri Lankan Conflict on the Social Status of Tamil Women -
par
Dr Zuzana HRDLICKOVA, Université Charles, Prague, République
Tchèque
Zuzana Hrdlickova étudie, à partir d'enquêtes de
terrain menées à Sri Lanka dans une perspective sociologique, les
transformations provoquées par la guerre dans la société tamoule.
Dans le système de valeurs dominant dans la société du nord et de
l'est de l'île, la chasteté au sens large du terme est primordiale.
Elle conditionne l'honneur familial et les stratégies
matrimoniales : la présence de la femme dans l'espace public doit
rester limitée, alors qu'elle est dominante dans l'espace privé.
Cette dichotomie espace public / espace privé a été mise à mal par
la guerre, qui a contraint les femmes, veuves ou séparées de leurs
conjoints, à assumer les fonctions sociales jadis réservées aux
hommes. Elle a causé le déplacement de la majorité de la population,
la contraignant souvent à vivre dans des camps dépourvus d'intimité,
et a causé la multiplication des viols commis le plus souvent par
des militaires et des policiers. En outre, la diminution du nombre
des jeunes hommes a entraîné une inflation du montant des dots
réclamées aux familles des jeunes filles, que leurs parents
cherchaient à marier le plus tôt possible. En effet, nombre de très
jeunes Tamoules ont été recrutées par l'organisation séparatiste des
Tigres et formées dans un système militaire collectif fondé sur
l'abnégation, l'exercice de la violence au service de la cause, le
culte du chef et le renoncement aux valeurs familiales. Zuzana
Hrdlickova soulève la question du devenir de ces femmes à l'issue de
la défaite militaire des Tigres en mai 2009.
(article rédigé en anglais)
Chapitre 4. Mothers,
Militants, Martyrs : Tamil Women in Film -
par Dr Erangee
Kumarage,
Bucks County Community College, USA
Erangee Kumarage analyse dans une perspective plus
littéraire l'image de la femme tamoule à travers la production de
trois auteurs masculins de films de fiction, d'origine
sud-asiatique, qui mettent en scène des militantes prises entre leur
dévouement à la cause présenté comme synonyme de renoncement, et
leur aspiration à la féminité, identifiée à la maternité dans le
système de valeurs indien. Le schématisme propre à la production
cinématographique indienne présente d'emblée les deux objectifs
comme incompatibles et porteurs d'une issue dramatique. Plus
complexe, le discours des nationalistes tamouls proclame la
cohérence du combat des femmes, dont l'émancipation et la pleine
réalisation d'elles-mêmes passeraient par la lutte nationale.
Opposant ces représentations à l'image de la militante tamoule
donnée par des films documentaires tournés par des femmes
occidentales en étroit contact avec la diaspora tamoule (dont No
More Tears Sister, présenté à l'issue de la conférence),
l'auteur soulève la question de l'authenticité de la libération de
la femme remise en cause par des féministes sri lankaises, qui
affirment que les militantes sont manipulées par un leadership
purement masculin qui n'a pas hésité à éliminer les dissidentes.
(article rédigé en anglais)
Chapitre 5.
Visibilité et mobilisation politique : quand diaspora rime avec
reconnaissance - par
Dr Anthony GOREAU-PONCEAUD, Université de Bordeaux 4, ADES,
France
Anthony Goreau met en évidence la visibilité de la diaspora tamoule
sri lankaise dans l'espace public parisien. Il s'interroge sur le
rapport entre les Tamouls originaires de Pondichéry, généralement
installés dans la région parisienne avant les années 1980, et la
diaspora tamoule sri lankaise arrivée depuis les années 1980, plus
visible, affirmant plus fortement son identité à travers ses
positions politiques et ses manifestations culturelles, et
réactivant de ce fait le sentiment identitaire des Tamouls plus
anciennement installés. Après avoir rappelé les parcours très
différents des Pondichériens et des migrants sri lankais, il montre
comment se construit un concept de "tamoulité" qui les rapproche,
autour de pratiques culturelles généralement liées à l'hindouisme :
le festival de Ganesh, qu'il analyse en détail, en est l'expression
la plus visible. Il analyse enfin comment se construit un espace
communautaire, à travers la formation d'un espace commercial
"ethnique" dans le quartier de La Chapelle à Paris et à La Courneuve
en banlieue nord.
Chapitre 6.
Les mobilisations politiques transnationales de la diaspora
tamoule - par
DEQUIREZ Gaëlle, Université de Lille 2, CERAPS, France
L'étude de Gaelle Dequirez permet de mesurer la
profondeur historique de la mobilisation politique de la diaspora
tamoule, médiatisée lors des manifestations d'avril – mai 2009 lors
de l'écrasement de la rébellion des Tigres par l'armée sri lankaise,
mais ancrée depuis deux décennies à l'échelle transnationale. Ce
phénomène de "nationalisme à distance" est un objet d'études nouveau
et riche d'enseignements pour la sociologie politique. Gaelle
Dequirez étudie de façon précise les acteurs de cette mobilisation à
l'échelle transnationale : organisations de jeunesse et
organisations caritatives, médias en langue tamoule, associations
locales fédérées au niveau national et comités nationaux coiffés par
un secrétariat politique international, émanation des LTTE. Ces
organisations s'adressent d'abord à la communauté tamoule mais se
sont efforcées de mobiliser l'opinion publique des pays occidentaux
pour qu'elle fasse pression sur les Etats et les organisations
internationales, avec peu de succès jusqu'à présent. Reste à savoir
ce qu'il adviendra de ces réseaux transnationaux après la défaite
militaire des Tigres, mais l'auteur conclut que la mobilisation de
la communauté à l'échelle mondiale n'est pas près de s'estomper.
Chapitre
7. Coping with further absences : Maaveerar Naal
ceremonies in the post-war age - par
Natali Cristiana,
Université de
Milan Bicocca, Italie
Cristiana Natali, qui a déjà publié une étude
passionnante sur les célébrations des héros par les Tigres à Sri
Lanka, analyse avec beaucoup de pénétration dans une perspective
anthropologique les cérémonies organisées par la diaspora tamoule en
Italie à l'occasion de la fête des héros martyrs (Maaveerar Naal),
et ce qu'il en est advenu dans le contexte de la défaite militaire
des Tigres, et du durcissement du contrôle de la communauté tamoule
par les autorités italiennes et plus généralement européennes. Le
cérémonial visant à honorer les martyrs en l'absence de corps était
organisé sur le modèle de ceux des cimetières du nord de Sri Lanka.
Il était marqué par la retransmission du discours rituel du leader
Prabhakaran. Mais dans la diaspora, outre cela, il donnait une place
considérable aux spectacles de danse de bharata natyam, la
danse classique de l'Inde du Sud, réhabilitée par la bourgeoisie
tamoule à la fin de la période coloniale comme le symbole même de
l'héritage culturel tamoul, et réinterprétée par les nationalistes
tamouls sri lankais pour servir de véhicule à la représentation des
combats et des souffrances de la guerre. Depuis mai 2009, le vide
créé par la disparition de Prabhakaran, longtemps niée par ses
partisans, et l'absence de cérémonies simultanées à Sri Lanka, a
accentué le caractère funèbre de la célébration. Mais d'autres
projets ont vu le jour, comme celui d'entreprendre un travail de
mémoire et d'imagination aboutissant à la publication d'un livre
rassemblant poèmes, dessins et compositions en prose, à l'usage des
jeunes générations.
(article rédigé en anglais)
Chapitre 8. De la
difficulté de parler à la construction des récits de vie - par
MANTOVAN Giacomo, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,
CEIAS, France
Giacomo Mantovan étudie la production des récits de vie, ou plutôt
des textes de demande d'asile politique par les migrants tamouls
établis en France. Sa recherche est fondée sur l'observation des
pratiques des intermédiaires (interprètes, avocats, médecins) entre
les demandeurs d'asile et les autorités françaises (Office français
de protection des réfugiés et apatrides et Commission de recours).
Il montre le décalage entre les conceptions culturelles des Tamouls,
pour qui le sujet est nécessairement collectif et les procédures de
l'OFPRA qui réclame des récits individuels. Il met en exergue les
difficultés rencontrées par son informateur principal pour "faire
parler" ses clients, leur faire relater les violences dont ils ont
été victimes, et les persuader qu'ils ont une histoire à eux qui
mérite d'être contée, des choix politiques qui peuvent être mis en
avant, au lieu de se contenter de recettes préfabriquées censées
assurer le succès de la demande. Selon l'auteur – cette idée a fait
l'objet de vifs débats durant la conférence – les officiers de l'OFPRA
par leurs demandes stéréotypées conditionnent les récits des
demandeurs tout en se méfiant de leur parole, produisant d'eux une
image défavorable. Ce processus, notons-le, est analogue à celui par
lequel la bureaucratie coloniale construisait le discours et l'image
des populations qu'elle dominait.
Les Editions Diane de Selliers
sont en train de finaliser un projet de ambitieux : la publication en septembr d'une édition grand luxe de la grande geste indienne du Râmâyana. Un coffret de
sept volumes et un livret d'accompagnement, proposant le texte de
l'épopée, des commentaires et des illustrations haut de gamme - près
de sept cents au total ! - sera proposé au public... à un prix
prohibitif : 850€ jusqu'à fin janvier, puis 940€. Autant dire que de
nombreux authentiques amoureux de l'Inde seront d'office exclus de
toute possibilité d'achat.
Voici un extrait de la présentation : "Épopée védique fondatrice, chef-d'œuvre de la littérature indienne, le Rāmāyaṅa raconte la vie exemplaire du prince Rāma. Contraint par son père à l’exil, Rāma quitte sa ville natale d’Ayodhyā pour mener une vie d’ascète dans la foret, accompagné de son épouse Sītā et de son frere Lakṣmaṇa. Lorsque Rāvaṇa, le roi des démons, enlève Sītā et l’emmene sur l’île de Laṅkā, une guerre sanglante éclate, opposant les troupes du redoutable Rāvaṇa et les armées d’ours et de singes, fideles alliés de Rāma. Le prince sort vainqueur de cet effroyable combat et retrouve son royaume où il est accueilli avec ferveur. La profonde sagesse de Rāma, sa grandeur d’âme et sa force surnaturelle font de lui un héros légendaire vénéré non seulement en Inde, mais dans toute l’Asie du Sud-Est. Avatāra du dieu Viṣṇu, doué de toutes les qualités et pourvu des plus hautes vertus, il est l’incarnation du dharma, le protecteur du monde des vivants. Cette édition rassemble pour la première fois l’intégralité de l’épopée du Rāmāyaṅa illustrée par sept cents miniatures indiennes. Dix ans de recherches dans le monde entier ont été nécessaires pour sélectionner les plus belles peintures inspirées de ce texte sacré : un voyage éblouissant au cœur de l’art indien, dans un monde onirique plein de couleurs, de délicatesse et de poésie. Amina Taha Hussein-Okada, conservateur en chef au musée des Arts asiatiques Guimet, en charge des arts de l’Inde, accompagne chaque miniature d’un commentaire narratif, iconographique et symbolique. Elle offre ainsi un éclairage exceptionnel, didactique et esthétique, sur l’œuvre la plus illustrée de la culture indienne."
DIANE DE SELLIERS
Pour une présentation plus complète, au format pdf, cliquez ici.
Diasporas sri lankaises entre guerre et paix Hommes & migrations n° 1291 - mai-juin 2011
Coordinateur(s) :
Anthony Goreau-Ponceaud, géographe, maître de conférences à l’université de
Bordeaux-IV, UMR ADES CNRS
Ce dossier aborde de manière
comparative les réalités des diasporas sri lankaises,
majoritairement tamoules, qui depuis trois décennies se
déploient en Europe hors du sillage du Commonwealth. Il met
l'accent sur la complexité de cette migration, en termes de
pluralité linguistique et religieuse comme de dynamiques
socio-économiques. L'identité des Tamouls en diaspora, façonnée
par l'exil et le conflit porté par les rebelles, est aujourd'hui
confrontée au retour de la paix à Sri Lanka.
L’immigration sri lankaise Regards croisés
Par Anthony Goreau-Ponceaud
Migrations sri lankaises Origines et étapes
Par Éric Meyer
Ancienne colonie anglaise, la République socialiste démocratique
de Sri Lanka est depuis longtemps un carrefour migratoire. Dès
la fin des années cinquante, l’île a vu migrer des travailleurs
tamouls vers l’Inde et ses élites anglophones vers les pays du
Commonwealth, puis des populations cinghalaises en direction du
Moyen-Orient. Avec les conflits internes qui ont ravagé Sri
Lanka depuis les années quatre-vingt, l’émigration s’est
densifiée. Elle concerne surtout la minorité tamoule.
La participation des Tamouls à la vie politique française Entretien avec Stéphane Gatignon,
maire de Sevran et conseiller régional de l’Ile-de-France
Réalisé par Anthony Goreau-Ponceaud
L’immigration sri lankaise en France Trajectoires, contours et
perspectives
Par Anthony Goreau-Ponceaud
La présence des Sri Lankais en France a pour toile de fond la
guerre civile qui a opposé, de 1983 à 2009, le gouvernement sri
lankais aux Tigres tamouls. Dans l’Hexagone, les Tamouls sri
lankais se sont surtout installés en Île-de-France. Leur chaîne
migratoire s’appuie sur un vaste réseau de solidarité
communautaire dont l’un des maillons centraux est le quartier de
La Chapelle dans le nord de Paris.
Les récits de vie des demandeurs d’asile tamouls Vers une mémoire collective ?
Par Giacomo Mantovan La demande du statut de réfugié
nécessite d’être fortement motivée. Les demandeurs d’asile
doivent faire état de menaces réelles qui les poussent à quitter
leur pays d’origine. La procédure bureaucratique contraint les
requérants à se construire dans la figure de la victime
individuelle et met à mal le sentiment d’un destin commun.
Interactions entre les institutions judiciaires françaises et
les communautés sri lankaises
Des affaires familiales en cour d’assises en région parisienne
Par Véronique Bouillier
Des tribunaux d’instance aux cours d’assises, la justice
française a souvent affaire aux migrants originaires d’Asie du
Sud. Entre le personnel de justice et les justiciables tamouls
originaires du Sri Lanka, la compréhension est souvent
difficile. Problèmes de communication, manque de connaissances
sur le contexte de leur arrivée en France, la justice ne dispose
pas toujours des informations suffisantes pour bien appréhender
les comportements des Sri Lankais.
Les mineurs et les jeunes majeurs isolés venus de Sri Lanka Le traumatisme de l’exil
Par Brigitte Tison
L’expérience de l’exil, l’épreuve de la solitude, les chocs dus
à la proximité de la guerre avant leur départ peuvent provoquer
chez les migrants sri lankais de profonds traumatismes. Les
adolescents et les jeunes majeurs sont davantage soumis à cette
perte de repères familiaux et culturels, à un âge où ceux-ci
sont essentiels à la construction de leur identité.
L’histoire de Sri Lanka vue par les associations nationalistes
tamoules en France Par Gaëlle Dequirez
Le conflit à Sri Lanka a révélé dans le sang le choc des
nationalismes cinghalais et tamoul. Derrière la guerre civile se
profile une concurrence des récits historiques. Les Tamouls,qui
revendiquent la création d’un État indépendant, l’Eelam tamoul,
trouvent sa justification dans l’histoire même de l’île. Cette
volonté de produire un récit alternatif va de pair avec une
posture de défense face aux discriminations et aux violences
subies.
Les Tamouls de La Chapelle Entre solidarité et dépendance
Par Philippe Gazagne Le quartier de La Chapelle est un
élément clé de la dynamique commerciale et des réseaux sociaux
des migrants tamouls vivant en France. Situées en haut du Xe
arrondissement de Paris, ces quelques rues où foisonnent
restaurants et entreprises “ethniques” sont au cœur des échanges
“communautaires”.
Making home(s) Repères générationnels et
nationalisme comme instruments de making home(s), “faire son
chez-soi” chez les activistes politiques de la diaspora tamoule
de Norvège
Par Stine Bruland Sørensen
La diaspora tamoule sri lankaise en Norvège s’efforce de “faire
son chez-soi”, making home, dans un espace transnational entre
Norvège et Sri Lanka. Le “chez-soi” est à penser comme un
ensemble d’appartenances abstraites ou imaginaires et de
relations sociales.
Les Tamouls en Suisse
L’émergence d’une communauté post-asilaire ?
Par Christopher McDowell
En Suisse, la communauté tamoule peine à trouver son unité. Les
vagues successives de migrants qui la composent, les différences
de positionnement politique et de niveau social entre ses
membres brouillent son homogénéité.
Le temple et les défunts Religion et reconstruction
identitaire chez les Tamouls hindous d’origine sri lankaise à
Montréal
Par Mark Bradley et Pierre-Yves Trouillet La construction de lieux de culte
par des migrants témoigne d’une installation durable dans leur
pays d’accueil. C’est le cas des Tamouls d’origine sri lankaise
au Canada. L’édification d’un grand temple à Montréal a mobilisé
autour de ce territoire symbolique les réseaux de la diaspora
tamoule. L’hindouisme çivaïte tamoul constitue pour eux un
solide lien identitaire.
La diaspora tamoule sri lankaise en Malaisie Migrations plurielles et
développement de deux identités distinctes
Par Delon Madavan La Malaisie compte
une minorité tamoule solidement implantée depuis plusieurs
générations. Aux Tamouls venus d’Inde du Sud s’ajoutent ceux de
Ceylan dont la migration est, jusqu’à l’indépendance de la
Malaisie, le 31 août 1957, encouragée par le colonisateur
britannique à la recherche de cadres anglophones pour son
administration. La domination économique des Tamouls sri lankais
a contribué à séparer ces deux groupes.
On l'aura compris au seul titre de cet ouvrage : c'est d'hindouisme que nous
parle Sarah Combe, explorant tout un univers religieux et culturel à travers un
parcours époustouflant de près de cinq cents pages, abondamment illustrées d'une
richesse remarquable. "Dieux et déesses, mythes, croyances et rites de
l'hindouisme", tel est le sous titre de ce qui est finalement aussi un voyage...
Tout d'abord dans le temps, jusqu'aux origines védiques de la religion hindoue,
et dans l'espace, à travers le Sous-continent et les "Trois Mondes". Un voyage
aussi dans l'âme hindoue, une découverte ou une
redécouverte de ses fondements spirituels, rituels ou philosophiques. On y
rencontre les vieilles figures d'Indra ou de Soma... les silhouettes
reconnaissables entre toutes de Shiva, Krishna ou Ganesh... au détour des
chemins de villages, celles des "Petites mères", de Renukâ ou de Mâriyamman...
Sarah Combe nous propose ici un
ouvrage à la fois riche et attrayant, ce qu'il est convenu d'appeler un beau
livre, mais qui associe à son charme le savoir et la réflexion. Incontournable
selon moi.
Les éditions Codex proposent
une publication qui devrait ravir tous les spécialistes et
amateurs d'histoire indienne. Plus de quatre cents pages de
haute volée pour explorer les prémices méconnues du mouvement
indépendantiste indien, avant que n'intervienne la figure
charismatique de la Grande Âme, Gandhi. On sait combien la
connaissance du passé est un gage de compréhension du présent...
Lorsque l'on touche à l'univers indien, si riche, si foisonnant,
et par là-même si complexe et difficile à cerner, cette vérité
apparaît plus éclatante encore. Et cet ouvrage ouvre donc des
portes jusqu'ici insoupçonnées qui ne peuvent que nous permettre
d'accéder à cette meilleure connaissance de l'Inde d'hier et
d'aujourd'hui.
Ce livre a d'abord été une thèse, débutée sous la houlette de
Raymond Aron et terminé sous celle d'Emmanuel Le Roy Ladurie...
Jacques Attali, quant à lui, en signe la préface... Quelques
noms qui à eux seuls semblent déjà une garantie de la très haute
qualité du travail de P. Mukherjee.
Jean-Régis
Ramsamy, journaliste et écrivain, n'en est pas à son coup d'essai. Son livre Nalgon, comme le comprendront les "initiés" mais aussi ceux qui
auront fait le simple effort de lire le sous-titre de l'ouvrage, évoque ce
phénomène artistique et culturel réunionnais qu'est le "bal tamoul", hérité des
formes de théâtre dansé, d'inspiration épique, de l'Inde ancestrale.
Voici l'article proposé par notre ami guadeloupéen J.-S. Sahaï sur
ce livre :
"A l’instar des
peintres avec leur spatule, Jean-Régis Ramsamy entreprend de
dépeindre diverses facettes occultées de l’univers
indien-réunionnais.
"Les patientes recherches, les voyages, les rencontres, les
articles, les entretiens, les expositions - dont une de
photographies des tous premiers engagés indiens à la Réunion
a été présentée l’an dernier en Inde - et les ouvrages qui
en sont le produit lui servent d’outils pour rendre compte
de ce que fut la société indienne du 19e siècle, née de la
migration post-esclavagiste à la colonie de la Réunion.
Jean-Régis Ramsamy a déjà commis plusieurs titres sur ses
thèmes de prédilection : 1999 : Histoire des bijoutiers indiens de la Réunion,
2002 : Identités et représentations des engagés indiens,
2003 : Voyage d’un Réunionnais en Inde,
2006 : La Galaxie des noms Malbar.
Si toutes les
cultures qui se croisent sur les plantations se valent,
conçoit J.-R. Ramsamy, l’expression de celle des engagés
arrivés de l’Inde, et préservée par leurs descendants
désormais exilés loin de la Mère Inde, se manifeste avec une
puissance inouïe. Le choc culturel qui s’ensuivit fut tel
que certains réclamèrent avec insistance qu’on stoppe le
Nalgon, dit Bal Tamoul, ainsi qu’on l’appela en Français de
l’Île Bourbon.
C’est sur ce Nalgon, ou Bal Tamoul, appelé Nâdron aux Antilles (la
langue Tamoule de nos ancêtres, qui l’appelait Nadegom, a
vécu la créolisation), que Jean-Régis Ramsamy vient d’écrire
son dernier opus : 2009 : Nalgon, histoire
du Bal Tamoul. Si le Nalgon s’ajoute au Karmon dans le domaine religieux
indo-réunionnais, il s’associe aussi au Pongol (fête de la
récolte du riz), aux marches sur le feu... La Réunion
n’avait jamais vu arriver de culture aussi ancienne, aussi
complète.
Les costumes des Maharajas superbes à ravir, les masques exquis,
parfois terrifiants, des divinités compensaient les
souffrances et les douleurs endurées par les Coolies, les
rendant définitivement invincibles dans la société
cloisonnée de la plantation.
Une société moyenâgeuse, acculée à consentir quelques concessions,
pour assurer la prospérité de son seul capital, le Sucre.
Jusque là, la bourgeoisie locale n’avait jamais été
confrontée à tel déploiement de splendeurs, à un tel
éventail esthétique.
Si les grandes familles réunionnaises avaient leurs particules, les
Indiens, eux, s’entouraient de mille Dieux et Maharajas pour
résister, pour tenir, pour rester unis. A la fin d’un Bal
Tamoul, l’Indien, rasséréné et soulagé de ses souffrances,
incorporait la personnalité du héros, à l’instar du Roi
Harishandrin, chantre de la vertu, qui dut subir les pires
outrages, mais préserva l’honneur de sa famille.
Ou encore de Markandin, l’Être immuable, à la jeunesse éternelle,
et roi de la jouvence, puisqu’il ne devait jamais vieillir
mais avoir toujours 16 ans. A la Guadeloupe, le Nadegom, appelé
Nâdron, expression théâtrale populaire du Tamil Nadou et
richesse versée à notre patrimoine par nos ancêtres engagés,
survit à la déculturation et à l’occultation grâce à la
famille Nagapin, aux associations comme les Amis de l’Inde,
et à divers autres familles, courageux acteurs de la
mémoire. Il faut avoir vu au moins une représentation de Madurai Viran ou
Maldévilin, pour ne pas être un être qui tout en se disant
Créole, reste culturellement incomplet. Depuis quelques années, le Maître danseur pondichérien
Raghunath Manet a entrepris une salvatrice collecte du fonds
culturel indo-guadeloupéen.
Jean S.
Sahaï, avec le concours de
Jean-Régis Ramsamy.
Marie-France Mourrégot, Docteur en Anthropologie sociale et
historique à l'EHESS de Paris nous propose une étude approfondie qui couvre
l'histoire de l'immigration des Indo-musulmans, l'histoire du commerce et
donne aux non-musulmans des clés pour comprendre les pratiques et rites des
Zarabes";
L'ouvrage est une mine d'information ; il est publié chez
L'Harmattan et peut se commander directement sur
cette page.
Ne manquez pas notre interview
exclusive de l'auteur.
À l'île Maurice, la rencontre entre les formes musicales africaines,
européennes et indiennes, a
donné naissance à un style de
musique « épicé, piquant,
explosif », le chutney,
comparable à celui des Caraïbes. Partant des caractéristiques de la
tradition chantée du Nord-Est de l'Inde qui est à l'origine du chutney,
retraçant l'arrivée des premiers Indiens engagés ou «
coolies », après
l'abolition de l'esclavage en 1834, explorant
les dynamiques d'influence de la
scène lyrique européenne et du séga, et donnant largement la parole aux
chanteurs, l'histoire d'une musique en diaspora est reconstituée. Alors
que l'île Maurice est pointée comme terre de communautarisme,
sous son étiquette de « nation arc
en ciel », la circulation
toujours renouvelée des textes et des rythmes, l'échange
des savoirs et des savoir-faire
musicaux entre chanteurs-compositeurs, et l'impact du chutney sur
l'émancipation de la femme rurale, montrent le rôle de cette expression créolisée
dans la construction de la modernité mauricienne. De la musique indienne
dévotionnelle aux dernières
évolutions du séga Bollywood,
l'effervescence du chutney et
de ses orchestres, les Bhojpuri Boys, les Bhojpuri Baja Baje
Boys, les Dhamaka Groups, les Mix Chutnee Bands, apparaît. De nombreux textes inédits de
chansons en langue indienne et en créole sont présentés et
traduits. Une discographie est
jointe.
Si l'on connait bien, dans le monde
littéraire, la "Beat Generation" américaine des années 1950, sait-on
que les années 60, en Inde, notamment dans la région de Calcutta,
ont connu une "Hungry Generation" en partie comparable à son aînée
américaine ? Des auteurs audacieux, iconoclastes, puissants... dont
a fait partie Pradip Choudhuri, qui fut même une des figures
de proue de ce "mouvement". Une cinquantaine d'années après, il nous
propose un remarquable petit essai sur le "pape" de la Beat, Jack
Kerouac.
Le Manuel Alphabet Hindivient de paraître au CRDP
de la Guadeloupe. Cet ouvrage rédigé par deux enseignants Guadeloupéen est
un outil indispensable à l'initiation au hindi qui s'inscrit pleinement dans les
héritages patrimoniaux de la Guadeloupe et de la Caraïbe. Ce manuel pour
l'apprentissage du hindi au niveau élémentaire met l'accent sur l'apprentissage
de l'écriture et s'associe à un document sonore enregistré par un locuteur natif
de l'Inde.
Préface
L’objectif premier de cette
publication est de mettre à la portée des francophones les éléments
de base de l’alphabet hindi dont la maîtrise est indispensable pour
l’étude de cette langue indo-européenne.
La priorité est donnée à la formation des lettres et à l’ordre
alphabétique, clés de l’accession à la lecture et à l’utilisation en
autonomie d’ouvrages de références. L’acquisition du lexique est
facilitée par des illustrations simples. Chacune des onze séquences
de présentation des lettres (voyelles, puis consonnes dans l’ordre
traditionnel du hindi) propose non seulement des exercices
d’entraînement à la discrimination entre voyelles courtes et
voyelles longues, si importante en hindi, mais aussi un regroupement
par thèmes, associés à un aspect culturel.
Cet aspect culturel n’est pas négligeable. Davantage encore que
pour le français ou l’anglais une certaine connaissance des
fondamentaux de la culture de l’Asie du Sud-est facilite la
compréhension linguistique, et permet une meilleure adaptation aux
situations de communication.
Les documents culturels proposés ne sont donc pas de simples
annexes : remplir une fiche de renseignement en hindi, connaître
l’hymne national ou la signification symbolique du drapeau de
l’Union Indienne, savoir comment se comporter lors de la fête de
Holi relèvent du savoir élémentaire de tout étudiant en langues
indiennes. En ignorer ces règles pourrait le mettre dans des
situations pour le moins cocasses.
L’originalité de ce travail est la volonté d’une part de faire
connaître une facette de la réalité indienne , ô combien complexe,
mais aussi de mettre en lumière ce que les Guadeloupéens
d’ascendance indienne ont retenu des cultures de leurs ancêtres.
C’est une incitation à s’aventurer à travers les mythes , symboles
et rites et ainsi à mieux appréhender la modernité du monde indien.
L'Esprit Créateur, célèbre revue d'Etudes Francophones
publié par John Hopkins University Press et l'Université du Minnesota, consacre
un numéro spécial « Indian Ethnoscapes in Francophone Literature », consacré aux
écrivains francophones descendants de l'engagisme, la période d'exploitation des
Indiens qui fit suite à l'esclavage des Africains.
En 2006 des
auteurs
francophones
d'origine
indienne ont été
primés -- Shenaz
Patel (Prix
Soroptimiste de
la Romancière
francophone pour
Le Silence des
Chagos,), Ananda
Devi (Prix des 5
Continents de la
Francophonie
pour Eve de ses
décombres).
Natacha Appanah-Mouriquand,
Ernest
Moutoussamy,
Khal Torabully,
entre autres,
ont aussi attiré
l'attention des
critiques.
Résidents ou
originaires de
l'îlle Maurice,
de Guadeloupe,
Martinique,
Madagascar, des
Seychelles,de la
Réunion ou de
France, ces
écrivains
négocient les
tensions des
traversées
multiples, de la
nationalité
d'origine,
l'identité
ethnique, la
mémoire
culturelle.
Consacré à la
diaspora
francophone de
l'engagisme, une
dimension des
études
littéraires qui
reste tout aussi
négligée que
l’écriture de
l'Asie du Sud,
ce numéro de
L’Esprit
Créateur offre
des essais
d'écrivains nés
ou résidant en
Australie,
Belgique,
France,
Guadeloupe,
Martinique, à la
Réunion et aux
USA.
Voici le contenu de ce numéro et de courts abstracts des articles :
1. Brinda J.
Mehta
Indianités
francophones:
Kala Pani
Narratives Kala pani
literary
narratives
chronicle the
history of
indenture and
the experiences
of indentured
Indians. Les
indianités
francophones
nevertheless
remain absent in
postcolonial
literature and
theory, even
though this
experience has
led to the
formulation of
important
literary
narratives and
theoretical
discourses on
identity such as
coolitude and
indianité.
2.Jean S. Sahaï
De Calcutta à
Sainte-Lucie, de
Pondichéry à
Pointe-à-Pitre,
et jusqu'au fond
de l'eau..
Souffrance sur
l'océan,
vindicte des
ex-esclaves,
exploitation,
épuisement
spirituel et
rupture du lien
avec l'Inde-mère
furent le lot
des engagés.
Leur geste
humble,
honorable,
contribua
néanmoins à
l'édification
d'une
civilisation
nouvelle. Il
importe
maintenant que
la mémoire de
leur sacrifice
soit saluée, aux
îles, dans les
maîtres-pôles,
et en Inde.
3. Salah
Guemriche
Bollywood: à
la conquête de
la France
C'est avec Louis
Malle (L'Inde
fantôme ;
Calcutta, 1968)
que l'Inde
pénètre la
société
française. Dans
le même temps,
les cinéastes
indiens
découvrent la
comédie musicale
de Jacques Demy,
Les Demoiselles
de Rochefort,
qui aura une
certaine
influence sur la
génération «
pré-bollywoodienne
». Il faudra
attendre 1988,
avec le succès
au Festival de
Cannes de Salaam
Bombay de Mira
Naïr, puis 2002,
avec Devdas de
Sanjay Leela
Bhansali, pour
qu'un véritable
engouement
s'empare des
écrans de
France.
4. Srilata
Ravi
Indo-Mauritians:
National and
Postnational
Identities
Through an
examination of
"Indo-Mauritianness"
in national and
postnational
narratives, this
study argues
that Mauritian
literature in
French is a
discursive space
where both
competing and
interlinking
interpretations
of past and
present co-exist,
painting
different images
of ethnicity,
nation, and
identity on this
Indian Ocean
island.
5. Binita
Mehta
Memories in/of
Diaspora: Barlen
Pyamootoo's
Bénarès
(1999)
This article
explores how the
descendants of
Indian migrants
to Mauritius in
Indo-Mauritian
writer Barlem
Pyamootoo's
novel and film
Bénarès, named
after the sacred
city in India,
not only re-inscribe
the signifier
Banaras as a
sign of colonial
conquest and
ownership, but
use it to
remember and re-imagine
their homeland
in their new
home
6. Khal
Torabully
À l'Aapravasi
Ghat, l'île
Maurice dialogue
enfin avec
l'Histoire
Le texte explore
dans un style
journalistique
le lien entre
l'esclavage et
l'engagisme,
deux paradigmes
présents dans la
coolitude,
poétique que
l'Unesco promeut
lors de la
conférence sur
le rapprochement
des cultures à
Paris en mai
2010. L'auteur
dit aussi sa
confiance dans
la possibilité
de développer un
dialogue entre
Maurice et son
Histoire, tout
en négociant ces
deux pages
douloureuses de
son identité,
car cette
expérience peut
être adaptée à
tout autre pays
qui a connu
l'esclavage et
l'engagisme.
7.
Valérie
Magdelaine-Andrianjafitrimo
Présences
indiennes dans
les littératures
réunionnaises
Plus que dans la
littérature
coloniale où les
Indiens sont des
figurants, plus
que dans les
romans « de l'engagisme
» où leurs
descendants
reconstruisent
une identité
figée, c'est
dans la poésie
contemporaine,
francophone
comme
créolophone, et
dans les
pratiques
vernaculaires
que se
recomposent et
se créolisent
les imaginaires
réunionnais.
8.
Véronique
Bragard
L'Empreinte des
kala pani dans
la littérature
caribéenne et
mauricienne: une
comparaison
transcoloniale
Cet article
retrace
l'évolution de
l'écriture des
kala pani de
manière
transcoloniale,
mettant en
relation les
Antilles et
l'Océan Indien à
travers la
coolitude chère
au poète
mauricien Khal
Torabully et
l'Indianité du
Guadeloupéen
Ernest
Moutoussamy. Il
met ensuite en
regard deux
auteures
caribéennes,
Shani Mootoo et
Laure
Moutoussamy, et
met en exergue
les contrastes
qui existent au
sein du bassin
caribéen. 9. Patricia
Donatien-Yssa
Présence et
invisibilité de
l'artiste
indo-caribéen:
un être sous
tension
La question de
l'invisibilitè
et de
l'existence de
l'artiste
indo-caribéen se
veut l'écho
d'une «
réflexion sur le
sentiment
d'éloignement
géographique,
historique et
épistémologique
» qui pourrait
couper ces
créateurs
d'origine
indienne d'une
véritable
participation à
la culture
caribéenne.
Peut-on affirmer
qu'être indien
dans la Caraïbe
d'aujourd'hui
implique la
nécessaire
définition d'une
indianité qui
devrait être
apparente, et se
superposer à
toute autre
perception
culturelle, et
que, de même,
toute création
devrait
refléter, ou
révéler,
l'infinité des
équations
identitaires des
peuples
caribéens.
10. Anny
Dominique
Curtius
Gandhi et
Au-Béro, ou
comment inscrire
les traces d'une
mémoire indienne
dans une
négritude
martiniquaise
À partir d'une
analyse de
l'édification en
lieux de mémoire
du buste de
Gandhi et du
quartier Au-Béro
à
Fort-de-France,
cet article
examine la
pertinence des
concepts de
Coolitude et de
Négritude pour
repenser la
place qu'occupe
désormais la
composante
indienne dans la
problématique de
la relation qui
jalonne les
discours
identitaires en
Martinique.
11. Gerry
L'Étang
Du passage de V.
S. Naipaul en
Martinique Dans The
Middle Passage,
V. S. Naipaul
dresse de la
Martinique du
début des années
soixante un
tableau
désespérant.
Rapports
interethniques
délétères,
héritages
culturels
dégradés, l'île
lui apparaît
pathétique dans
sa recherche
d'identification
à la culture
française.
Pareille vision
interpelle en
raison de son
caractère
excessif, mais
aussi au regard
du parcours
personnel de
l'auteur, marqué
par une quête
d'assimilation.
12. Jean
S. Sahaï
Aimé Césaire :
adagio pour la
Da
Quoiqu'il ait
semblé ignorer
les Indiens dans
son œuvre
poétique,
l'affinité peu
connue d'Aimé
Césaire pour la
culture tamoule
nous invite à
explorer la
cohabitation des
divers groupes
que l'histoire a
rapprochés aux
Antilles, en
considérant
l'évolution des
obstacles à
l'émergence
d'une culture
créole
harmonieuse,
également
respectueuse de
toutes ses
composantes.
Les cultures indiennes aux Antilles françaises
se montrent incontestablement de plus en plus dynamiques. Divers organismes
œuvrent en Guadeloupe et Martinique pour mettre en valeur un patrimoine riche et
cultiver une fibre indienne qui devrait avoir toute sa place dans le tissu métis
de la société créole. Le journal West India, initiative du CGPLI
contribue à sa façon à cette promotion des cultures indo-antillaises.
Au sommaire de ce numéro :
Editorial : Tout à fait entre nous...
Pleins feux : Voyage en Inde du sud
Histoire : Transports et immigration indienne
Spectacle :
Ramayana
: Un grand moment
Elections : Miss Sari 2011
Langues/littérature : récital de poésie hindi-urdu
Puja à Mahabil
Est-Ouest : L’Inde lance un satellite d’étude de
l’atmosphère
Commémoration de l'arrivée du premier convoi de travailleurs
indiens en Guadeloupe
Exposition : L’ Art pictural indien
Education : Sortie pédagogique
Evénements : Comité Sidambarom
Election de Miss World India Guadeloupe
Etc.
Le magazine Sangam n°
30 publié par TAMIJ SANGAM sort à l'occasion du Nouvel An Tamoul.
Une publication de 40 pages sur la vie religieuse et culturelle de
l'île, avec notamment un calendrier des fêtes tamoules de la
Réunion.
Il est vendu à 2 euros dans toute l'île ainsi qu'au secrétariat de
l'association départementale. Contact au 06 92 04 13 23...
Sommaire
p 4-5
Portrait Henry Sidambarom
p 6-13
Dossier
Les transmissions entre générations
p 14-15
Le savoir faire
péi Avec Richman Mounaima le bois devient divinité
p 16-17
La vie des
Temples Le temple du Golf
p24-27
Regards sur
l’Inde L’agriculture en Inde A la découverte d’une ville de l’Inde : Chennai
p29-29 Vie
associative Association India Vahini
p 30-33
Rétrospective
Les 20 ans de l’association