MOBILISONS-NOUS

Le patrimoine indo-réunionnais en danger


 

Première lettre ouverte - Deuxième lettre ouverte - Éléments historiques

Texte de pétition

Communiqué de la Préfecture

Fichier pdf : Propositions pour la valorisation et l’étude du temple dit Dambière ou de la Paix

Contact : M. Ramy-Sepou, 0692 033868 ou andreramy@yahoo.fr

 

Communiqué du 24 février :

"J'ai l'honneur de vous informer qu'hier en fin d'après-midi, suite un appel téléphonique, M Barrau avait fait passer le tract pour démolir le Temple. De suite des amis et moi nous avons bravé l'interdiction du Propriétaire pour  y aller voir des nos yeux. C'était un désastre. Sudel Fuma qui était avec moi n'en revenait pas, c'est un vrai crime contre notre communauté et toute la RÉUNION.
Je tiens à ne pas en rester là, je vais avertir les services de l'État qui devrait tout faire pour que ça n'arrive pas."

André RAMY SEPOU


 

Première lettre ouverte : Sauvons le patrimoine Réunionnais !

 

 

 

Nous, descendants des travailleurs Engagés, membres du Comité de sauvegarde du patrimoine indien à La Réunion (C.S.P.I.R), Citoyens de cette belle île multiracial, Amoureux du Patrimoine Réunionnais.

 

RÉCLAMONS L'ARRÊT DE LA DESTRUCTION ANNONCÉE DE LA SHAPEL DAMBIÈRE !

NOUS DEMANDONS A L'ÉTAT UN CLASSEMENT D’URGENCE AU TITRE DES MONUMENTS HISTORIQUES ;

 

La chapelle et les constructions annexes sont caractéristiques des temples construits dans le cadre des plantations, sur modèle proprement réunionnais. Plusieurs éléments font de ce site, un élément patrimonial remarquable : les peintures, les décorations, le mobilier religieux, la menuiserie en bois (intérieur de la chapelle) sont caractéristiques d’une époque. Cette structure, assez commune au début du XXème siècle, a pratiquement disparu du paysage réunionnais à cause de l’évolution architecturale des temples vers un modèle dravidien. De plus, ces constructions s’inscrivent dans un paysage (champ de cannes, ravine à proximité, urbanisation inexistante) qui donne encore plus de force à la présence de ce temple.

 

Le site,  ancien de plus d’un siècle, a été déjà partiellement pillé. Aucune considération n’a été faite quand à la valeur patrimoniale du site. Les anciens propriétaires des lieux nous  avaient « légué » cet endroit en guise de récompense au courage des travailleurs du sucre. Aujourd’hui cette parole est remise en cause. Dans le respect des confessions religieuses de chacun, nous souhaitons sereinement  pratiquer notre culte dans notre île, la chapelle Dambière en est un des lieux historiques qui ne sauraient être effacé sur une simple décision d’un propriétaire, citoyen.

Nous en appelons à la bienveillance du Président de La République, Monsieur Chirac Jacques, au Ministère de La Culture, au Comité Interreligieux de La Réunion, à la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, aux présidentx de La Région et du Conseil général, au Maire de Ste Marie,

Afin qu’une solution soit rapidement trouvée pour que Dambière  devienne une des références architecturales des Réunionnais.

 

 COMITE  SAUVEGARDE du PATRIMOINE INDIENS à La RÉUNION.


Deuxième lettre ouverte : Droit d’ingérence patrimonial à Dambière

Par la présente missive, je voudrais interpeller Monsieur le Préfet sur la chapelle Beaufonds de Ste Marie. Ces jours-ci beaucoup de choses sont dites sur ce dossier, mais l’essentiel est occulté je crois. Les quelques éléments ci-dessous permettront à tous d’avoir un point de vue général.

Premièrement Mr Barau a hérité, du Comte D’harambure. Le 13 septembre 1905, un acte d’adjudication était dressé. Le domaine « l’établissement de Beuafond » racheté plus tard  par MM Claude ADV et Foucque, revenait d’une cession des droits de Gabriel F. Marie de la Poeze, comte d’Harambure, épouse Marie Augustine Théodora Ruyneau de St Georges et la comtesse de La Lande. Il se composait de 378 ha (338 en terres cultivables), bordé par B. de La Giroday, du CFC, de la Ravine Charpentier. Donc c’est une propriété ancienne  sur laquelle «existe une petite construction en pierres couvertes en tuiles plates servant de chapelle indienne ». La phrase est lâchée. C’est désormais limpide, n’en déplaise à l’actuel propriétaire, ce site hindou est ancien, plus d’un siècle si on regarde un autre acte de 1873. Alors que le Sieur Barau ne s’avise pas dans l’indifférence totale, à tout écraser. Dans le même il est également indiqué qu’ »il existe diverses paillotes servant de logements aux engagés ». Que souhaite de plus notre propriétaire comme preuve d’une antériorité du site ?. Il y a là à notre sens un droit d’ingérence patrimonial.

Qu’ont fait les services de la DRAC, ont-ils sciemment autorisé ce propriétaire au démantèlement d’une part non négligeable de ce patrimoine ?

L’année dernière un interlocuteur nous affirmait que la Drac avait interrogé Mr Barau mais devant l’agacement de ce dernier les agents ont pris la poudre d’escampette. Vous devriez prendre ombrage sur le projet pôle océan, à St Denis où les petits sont balayés pour laisser la place aux plus gros.

Pourquoi la Drac n’a-t-elle pas entrepris d’inscrire ce bâtiment au titre des monuments historiques de La Réunion ? il est plus digne d’intérêt que certaines maisons créoles. Ce propriétaire ne saurait être au-dessus des lois. Nous vivons en République, aussi il doit respecter les lois de ce pays. Que disent-elles ? Lorsqu’un tel chef d’œuvre en péril, est signalé le service de l’État doit automatiquement s’en saisir. Pourquoi fermer les yeux, nous ne sommes plus en Colonie ?  Ici comme en Poitou-Charente,  la loi doit s’exercer. Le cas échéant il est inutile d’attendre de nous que nous respections les règles de ladite République, comme le droit de vote, puisqu’on ne nous respecte pas !

Je conseille vivement aux personnes intéressées de saisir la Halde, et Mr Shweitzer contre cette discrimination. Cette forme de racisme n’a pas de sens.

Autrefois lorsque les aïeux de Mr Barau  a autorisé cette construction ils avaient leur intérêt. aujourd’hui cet engagement ne peut pas s’envoler comme cela. C’est comme si on reprenait les richesses apportées aux grands propriétaires créoles par les esclaves et le sang des engagés. Que deviendraient certains barons du sucre qui pavoisement fièrement dans les médias ?

Par ailleurs que Mr Barau ne s’entête pas à faire la sourde oreille. Qu’il n’oublie pas ce qu’il advint à son aïeul lorsque celui-ci malencontreusement fut frappé par une redoutable maladie. Ce dernier s’en remis à la religion hindoue pour sa santé. Cet anecdote devrait éclairer notre propriétaire qui sans scrupule annonce qu’il va « raser » le site de la chapelle Beaufonds je crois qu’il ouvrira un précédent dont il n’est pas sur de sortir grandi. On ne s’en prend pas impunément aux divinités. Aussi Monsieur le Préfet il serait que vos services, de la Drac, voire le parquet se saisisse de cette destruction organisée. Il en est de même pour Monsieur le maire de Ste Marie, qu’il essaie de mettre de coté, les liens familiaux pour ceux de la communauté.

Comité pour Dambière (Ste Marie)


Éléments historiques

Avant 1900, probablement vers 1870, d’Harambure permet aux engagés de sa propriété de pratiquer leur culte. Une paillote servant de temple est érigée. Certains avancent que le temple a é construit en même temps que celui de BRouge càd, vers 1848.

-Le site s’appelle aussi bien Beaufonds Ste Marie, que Dambière. 

-1905, dans l’acte d’adjudication figure la présence de la chapelle Dambière

-A l’époque, les Malbar, de la région et même plus loin viennent à pied  ou en carriole, pour participer aux cérémonies (marche sur le feu) ou les célèbres bal tamoul. Les noms de certains d’entre eux sont restés, Armon Ponapin (ou tonton garson, vérif avec Richel), Marimoutou Colondé (haute personnalité de l’époque).

-Les cérémonies sur place ont eu lieu jusqu’aux années 80. Ensuite le site est délaissé, les descendants des Barau, étant moins favorables à l’occupation des lieux par les fidèles et la petite pop de Dambiere diminuant dans le même temps.

-Surgit alors Mr Atchy dit Hugo, qui fait un procès aux consorts Barau, et perd !

-Vers 1997, il lancera même une pétition sans grand succès.

-Vers 2003 : la Drac, pressé par les Amoureux du patrimoine se réveille enfin et tente une inscription au titre des monuments historiques.

Suite à deux rencontres avec le propriétaire la DRAc jette  l’éponge.

Mr B. leur a promis de s’en occuper lui-même, rappelant son droit à la propriété privée. La Drac recule.

-2006 :vers le mois août, Mr Barau (sic) ‘donne les bondié Malbar à une association de St Louis et à une femme chinoise’ (une guérisseuse ?)

-Déc 2006 : Télé Run, diffuse dans le cadre de fin d’année, des images d’autrefois dont celle de Dambière en montrant un site (bucolique)

Suite à ce report. Des personnes se rendent sur les lieux pour revoir le site annoncé aux infos mais ils découvrent un champ de ruines.

-Début janvier 2007 : Radio Freedom, en parle, plus tard un comité pour Dambière (qui ?) est créé.

Le 10 janvier, le Quotidien publie un article dans lequel  Mr B veut reprendre son terrain parce que le temple est abandonné et annonce son intention de détruire le site.

OBSERVATIONS d’un consultant J-R Ramsamy,

« Le droit à la propriété privée existe et nul ne saurait le remettre en cause, c’est un principe qui ne doit échapper à personne.

- Pour autant Mr B ne doit pas effacer d’un seul coup une histoire ancienne d’un siècle et demi. Alors il ne respecterait plus les engagements pris par ses pairs, dans les deux sens du terme. Ceux-ci avaient indiqué aux Indiens qu’ils avaient un lieu de prière.

C’est comme si on remettait en cause l’apport (je veux dire la richesse) de tous les esclaves et engagés donnés aux grandes familles Créoles, cela n’aurait aucun sens.

Qu’est ce que c’est, que cette époque, où tout est remis en question ?  Le respect de la parole donnée n’existe plus. Nous l’avons vu au Chaudron avec les héritiers Pota, la parole des petits ne compte plus.

La chapelle Dambière est aussi ancienne que certaines églises de l’île ou les mosquées.

On s’incline devant Champollion qui découvre le secret des hiéroglyphes  mais on s’assoit facilement sur notre patrimoine local, fut il moins globalisant !

Aurait-on honte de ce passé ? Notre société naturellement inspiré de l’héritage gréco-romain commet une grave erreur en se refermant sur  notre part de patrimoine indiaocéanique.


 


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