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TEMOIGNAGES

En partenariat avec le site officiel de
Témoignages (quotidien réunionnais)

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   - Anne-Lise Siegler remporte le Prix Célimène
   - Des millions d'Indiens lancent une grève générale contre la vie chère et pour la hausse des revenus
   - L'Inde paiera en or ses importations de pétrole iranien
   - Et lorsque les Dieux désertent nos temples...
   - Un cyclone touche le Tamil Nadu
   - Le Lazaret à la Grande Chaloupe reprend vie
   - Les calbanons de Jacques Bel Air : Haut lieu de la mémoire des travailleurs de La Réunion
   - Là où sont passés de nombreux ancêtres
   - Parution de deux ouvrages
   - Image du passé : cérémonie tamoule
   -  "Une commémoration réunionnaise partagée"


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HOMMAGE À UNE DES COMPOSANTES DE NOTRE PEUPLEMENT

Anne-Lise Siegler remporte le Prix Célimène

12 mars 2012

   Le 7ème Prix Célimène a été remis à une jeune Réunionnaise qui a mis en valeur l’Inde au travers de ses photos.

A l’occasion du 30ème anniversaire (1982-2012) de la Journée de la Femme, deux événements étaient organisés dans les jardins de la Villa du Département, une fête pour les femmes artistes amateurs qui ont participé au concours de créativité “Célimène” et pour 8 femmes qui, dans un domaine particulier, ont fait preuve d’un grand mérite.
La Présidente du Conseil général a remis les prix aux quatre lauréates du Prix Célimène et aux huit récipiendaires du Prix départemental du Mérite.
Soucieux de valoriser la culture, de révéler des talents et d'encourager l’expression des femmes artistes-amateurs, le Conseil général a créé en 2005 le Prix Célimène, en hommage à celle qui distrayait en chansons et en poésies les voyageurs de passage dans son auberge de La Saline.
Honorer la mémoire des personnages qui, au travers de l’histoire, ont marqué l’identité de notre île et ont une place dans le cœur de chacun d’entre nous, est essentiel. 
Le Prix Célimène est un rendez-vous important du calendrier culturel réunionnais ; il permet d’honorer les valeurs incarnées par des femmes artistes-amateurs, d’honorer le travail, l’effort, le dépassement de soi et la transmission des savoir-faire.
La remise du Prix Célimène, c’est un évènement : c’est un évènement pour le Conseil général, c’est un évènement pour les femmes artistes de La Réunion.
Pour donner une envergure régionale au Prix Célimène, Madame Zou, venue spécialement de Madagascar pour participer au Jury de Célimène, a été invitée.
L’ambiance a été au rendez-vous avec le trio de femmes, les Kèr Fanm, 4 saisons.
La soirée s’est achevée par un défilé de mode d’une jeune styliste réunionnaise, Elodie Lo-King-Fung, jeune, mais dont le talent est grand.


Les lauréates du Prix Célimène

1er Prix : Anne-Lise Siegler - Titre de l’œuvre : “Héritage” - Catégorie : photographie
2ème Prix : Audrey Hugon - Titre de l’œuvre : “Ma Célimène” - Catégorie : peinture
3ème Prix : Appolinaire Payet - Titre de l’œuvre : “Porphyr” – Catégorie : peinture
Prix Encouragement : Séverine Imiza - Titre de l’œuvre : “Zénération trans papay” - Catégorie : peinture


Qui était Célimène ?

Marie Monique, dite Célimène, est née à Saint-Paul le 20 avril 1807. Elle est la fille de Candide, une esclave créole.
Deux mois après sa naissance, elle est achetée, avec sa mère, par un cultivateur de La Saline, Louis Edmond Jean (ou Jeance). Affranchie le 14 novembre 1811, en même temps que sa fille, Candide épouse Louis Edmond Jeance le 26 avril 1830.
Ce dernier, né à Saint-Paul le 28 septembre 1789, est lui aussi d’origine affranchie. D’après certaines sources, non confirmées, Célimène serait le fruit d’une liaison que sa mère aurait eue avec le poète Evariste de Parny, ce dont elle aime se vanter, en plaisantant. Le 3 octobre 1839, Célimène épouse un ancien gendarme, Pierre Gaudieux, âgé de 24 ans et originaire de la Dordogne. Le couple s’installe à La Saline, sur la route de Trois-Bassins, où ils tiennent une auberge, relais d’étape entre Saint-Paul et Saint-Leu. C’est le lieu de rendez-vous des voyageurs qui empruntent la route nationale reliant le Nord au Sud de l’île.
Célimène baptise son auberge “Hôtel des hommes d’esprit, les imbéciles doivent passer sans s’y arrêter”.
Pendant que son époux, devenu maréchal-ferrant, donne à manger aux chevaux ou répare leurs fers, elle distrait les voyageurs par des chansons souvent composées à partir de ses propres poèmes, qu’elle interprète en s’accompagnant de sa guitare.
Célimène est une femme d’une vive intelligence. Elle écrit aussi bien en vers qu’en prose, en français et en créole, ce qui est très méritoire, car elle n’a pas fréquenté l’école en raison de son statut d’esclave. Célimène ne fait cependant pas dans la grande poésie. Ses vers sont dit-elle « à tort et à travers ». Sans césure, ni élision, ils riment seulement pour l’oreille. Sa renommée dépasse bien vite le cadre de son village de La Saline. Les voyageurs venant de Saint-Denis ou de Saint-Pierre ne manquent jamais de s’arrêter chez elle. Symbole de la poésie populaire réunionnaise, Célimène s’éteint à Saint-Paul le 13 juillet 1864.

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À L’APPEL DES SYNDICATS ET DU PARTI COMMUNISTE INDIEN

Des millions d’Indiens lancent une grève générale contre la vie chère et pour la hausse des revenus

29 février 2012 Sanjiv DINAMA

En Inde également, la cherté de la vie pèse de plus en plus lourd sur la population. Des millions d’Indiens sont descendus mardi dans la rue à l’appel d’un front uni de syndicats et du parti communiste indien, une première, pour demander au gouvernement un renforcement du droit du travail, l’instauration d’un minimum salarial ainsi que la lutte contre l’inflation.

Onze syndicats et 5.000 autres organisations ont signé l’appel à la grève générale pour faire pression sur le gouvernement.
Cette démonstration de force a entraîné la fermeture des banques, commerces et bureaux dans plusieurs grandes villes du pays de 1,2 milliard d’habitants.
« C’est une occasion historique. Pour la première fois, tous les grands syndicats sont ensemble pour protester contre les politiques antitravail du gouvernement », a souligné auprès de l’AFP le secrétaire général du Congrès indien des syndicats, Gurudas Dasgupta.
Leurs revendications portent notamment sur la mise en place d’un minimum salarial sur le plan national, sur l’obtention de contrats à durée indéterminée pour 50 millions de travailleurs temporaires. Les ouvriers réclament aussi des mesures pour empêcher les capitaines d’industrie de casser le droit du travail.

Mécontentement populaire contre la hausse du coût de la vie

Plus largement, cette grève générale permet d’exprimer le mécontentement populaire contre la hausse du coût de la vie ou le désinvestissement de l’Etat dans le secteur public.
« Nous avons donné au gouvernement toute latitude pour discuter de ces questions. Maintenant, faire grève est pour nous la seule option », a déclaré M. Dasgupta. « Nous luttons pour nos droits », a-t-il ajouté.
Le pouvoir tente depuis des mois de lutter contre un fort taux d’inflation en pratiquant une politique monétaire agressive. Mais les effets ont tardé et l’envolée des étiquettes a encore durci les conditions de vie de millions de foyers modestes.
L’inflation annuelle de l’Inde a toutefois connu son rythme le plus bas depuis 26 mois en janvier, à 6,55%, ouvrant la voie à un éventuel assouplissement monétaire renforçant l’espoir que la baisse des prix se poursuive à longue échéance.

Toutes les banques en grève

C’est au Bengale-Occidental et au Kerala, fiefs du Parti communiste indien, que la grève a été le plus suivie. A Calcutta, la plupart des banques, commerces et bureaux sont restés fermés tandis que les taxis et rickshaws sont restés alignés le long des trottoirs. 
Dans la capitale fédérale, New Delhi, la circulation était moins dense que de coutume et les passagers débarquant de la principale gare ferroviaire luttaient pour trouver un moyen de transport en ville.
A Bombay, le secrétaire général de l’Association indienne des employés de banque, Vishwas Utagi, a assuré qu’il avait une « fermeture totale » du secteur bancaire.

Sanjiv Dinama

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LE MONDE CHANGE

L’Inde paiera en or ses importations de pétrole iranien

1er février 2012

Pour s’adapter aux sanctions décidées par les gouvernements occidentaux envers l’Iran, un nouveau mode de paiement se met en place. L’Inde achètera le pétrole directement en or, plus en dollars.

La délégation indienne de haut rang qui est arrivée à Téhéran la semaine dernière a accordé avec le gouvernement iranien de nouvelles formes de paiement pour le pétrole, afin d’éviter des transactions en dollars américains. Cette mesure est forcée, car Washington a étendu ses sanctions contre l’Iran, en incluant des sanctions envers les banques de pays tiers qui utilisent le dollar américain dans les transactions avec l’Iran.

Initialement, l’Inde et l’Iran avaient l’intention de calculer les livraisons du pétrole en yens japonais et en roupies indiennes. Cependant, le choix a été fait en faveur de l’or. L’Iran vend actuellement à l’Inde et à la Chine environ 1 million de barils de pétrole par jour. Après l’Inde, c’est la Chine qui étudie la possibilité de payer en or les importations du pétrole iranien.


Commentaire

Le monde change de base, mais l’Occident continue de s’aveugler en pensant qu’il dirige toujours le monde.
La preuve que non.
Le dollar fera de moins en moins la loi et les sanctions édictées par les USA et ses suiveurs peuvent désormais être contournés.
Le pétrole frappé d’embargo payé à prix d’or, c’est devenu une réalité.
Les USA et l’Europe se trouvent face à une alternative : accepter cette perte de leadership ou se lancer dans une nouvelle aventure guerrière dont nul ne peut prédire l’ampleur et au terme de laquelle, la paix revenue (mais dans quel état des peuples et de la planète ?), le vieil "ordre" mondial appartiendra définitivement au passé.

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LETTRE OUVERTE A QUI DE DROIT

Et lorsque les Dieux désertent nos temples …

12 janvier 2012

« Si tu veux te faire un nom, détruis tout ce que les autres auront édifié avant toi, afin de triompher par la brutalité, du génie qui te manque ». [1]

Il ne se passe pas une semaine sans que ne se produisent dans les temples indo-tamouls de l’île d’exécrables guerres fratricides de pouvoir, la plus grave offense faite à Dharma, l’éthique qui sous-tend chaque action sociétale de l’hindou.
Nous sommes nombreux à appartenir à cette génération qui s’est attachée à promouvoir un renouveau culturel tamoul et religieux hindou à La Réunion depuis ce 13 avril 1968 qui a vu l’avènement du premier club Tamoul de l’Ile et ce mois d’août 1971, la Fédération des temples tamouls et culturels.
Notre consternation est immense face aux lamentables spectacles que nous donnent à voir ces hommes du temple.

Observer sans œillère cette réalité, c’est mettre à jour les sombres motivations souterraines de nombre d’entre eux ; à l’évidence elles résident dans l’ardeur aussi opiniâtre qu’aveugle à vouloir, par la captation d’une digne fonction, s’arroger un statut social, un tremplin, une posture d’honorabilité, avec souvent pour comble corollaire, un regard appuyé et intéressé sur les « OUNDI », l’équivalent des « TRONCS ». Qu’a-t-on donc fait du Désintéressement, de l’Abnégation, de la Responsabilité qu’ont porté si haut si loin, nos aînés. Désormais ces vertus là s’effacent sans égard devant l’ambition dévorante de ceux, plus habiles à se porter et à se maintenir en poste ou à en faciliter l’accès à leurs descendants ou collatéraux.

Est-ce afin d’assurer la pérennité de telles hégémonies qu’on s’obstine à développer une stratégie de maintien de nos coreligionnaires dans une sûre ignorance de l’Hindouisme et de ses multiples rituels, alors que dans le même temps partout ailleurs, d’autres traditions ou religions investissent le champ de la Connaissance pour extraire leurs fidèles des obscurantismes ?
La question est posée à tous avec gravité.

Et pourtant nous sommes plusieurs à avoir maintes fois demandé que nos temples consacrent une modeste part de leurs substantiels subsides, à l’accès aux savoirs pour les jeunes générations, entre autres… en vain. Bien au contraire le temps est voué à gommer ce qui a été… Ce temps compté et précieux, se perd dans l’acharnement à détruire avec une avidité féroce et l’argent des trop candides fidèles, tout ce que les prédécesseurs ont bâti ; comme pour poudrer l’incurie ambiante ou espérer immortaliser leur insignifiance et éphémère passage.

Peut-on encore croire que les Dieux soient empressés de visiter ces lieux bondés de désordre ?
Mais le plus grave est à venir, en poursuivant leur tragi-comique turpitude ils vont irrémédiablement conduire les services de l’Etat qui attendent cela depuis des lustres, à règlementer les rituels hindous, tamouls ou malbars dans toute l’île. Le pouvoir judiciaire se chargeant de placer sous tutelle les plus belliqueux qui sont de plus en plus nombreux et au Fisc, Bercy en a bien besoin par ces temps difficiles, de règlementer les trébuchantes filières de cabris, boucs, coqs et autres poules noires…
Et si seulement, dans ce climat de désolation, d’autres voix pouvaient s’élever et surtout œuvrer à un retour de tous à la sérénité et à la raison. Les talents et les dévotions ne manquent pas, proposons pour toutes ces structures communautaires une présidence et administration tournantes tout les trois ou cinq ans non renouvelables et permettons ce qui n’a jamais été dans les usages jusqu’à présent, l’accès des femmes à ces responsabilités : elles sont souvent bien plus sages.
Ainsi, dotés d’un mandat limité dans le temps, ces présidents de temples et les présidentes à venir sauront s’inspirer de ce que la Culture de l’Inde a produit et essaimé au cœur de l’humanité, et revenir aux fondamentaux de l’Ethique hindoue tracée dans la Bhagavad Gîta :
« Accomplis toujours tes actions selon le Dharma, sans peine, ni joie et n’en retire jamais un quelconque intérêt. »

Saminadin Axel Kichenin
Co-Fondateur du Club Tamoul de La Réunion
Co-Fondateur de la Fédération des Temples Tamouls (FAGRHCTR)

Note

[1] lettre que Fregedaire, roi de Rome au VIIe siècle, reçut de sa mère.

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UN CYCLONE TOUCHE LE TAMIL NADU

Une quarantaine de morts en Inde

3 janvier 2012

Selon le dernier bilan, près de 42 personnes ont été tuées par le cyclone Thane qui a frappé vendredi 30 décembre, le sud de l’Inde. La catastrophe a provoqué d’importants dégâts, privant d’électricité de nombreux foyers, ont indiqué samedi 31, des responsables locaux.

Le cyclone a touché la côte entre la ville de Cuddalore, dans l’État du Tamil Nadu, et le territoire de l’ancienne enclave française de Pondichéry. Le cyclone avait des vents atteignant 140 km/h et a principalement touché le réseau électrique, et endommagé quelque 70 bateaux de pêche et un cargo s’est même échoué à Madras, selon l’agence de presse PTI.
L’Inde est régulièrement frappée par des cyclones qui se développent dans le golfe du Bengale entre avril et novembre. Cette saison des moussons entraine généralement d’importants dégâts sur les habitations, les zones de stockage de nourriture et les champs. La mousson indienne est de plus en plus arrosée chaque année. En effet avec le changement climatique, l’Inde fait partie des pays les plus touchés par ces modifications. 
Selon des chercheurs indiens publiés dans la revue "Science" (décembre 2006), « le changement climatique a pour effet d’accentuer les précipitations au moment de la saison des pluies sur le continent indien. En étudiant les relevés journaliers des précipitations de 1951 à 2000 dans le centre de l’Inde, les climatologues indiens ont observé que la fréquence et l’amplitude des pluies intenses augmentaient, tandis que celles des épisodes plus modestes avaient tendance à décliner ».
Le climatologue indien, G.S. Bhat, du Centre des sciences atmosphériques et océaniques de Bangalore, a également expliqué que « L’absence de tendances à long terme sur les pluies saisonnières en Inde avait jusqu’à présent donné l’impression que la mousson indienne n’était pas affectée par le changement climatique. Cependant, la claire tendance à l’augmentation des événements extrêmes à chaque nouvelle saison des pluies envoie un signal clair que même sous les tropiques, les effets du réchauffement sont clairement visibles », cité par Le Figaro.

Céline Tabou
 

Nouvel avertissement pour La Réunion

Après les Philippines, c’est au tour de l’Inde d’être la cible d’un cyclone meurtrier. Le changement climatique est en train de dérégler le régime des moussons. Les fortes pluies sont en hausse, tout est perturbé, et les effets sur la population dramatiques.
C’est en effet grâce au régime des moussons que dans l’Inde et sa région ont développé leur agriculture. Ces pays sont aujourd’hui peuplés par plus d’un milliard d’habitants. Le dérèglement des moussons et tout s’effondre.
Au Bangladesh enclavé dans l’Inde, les différences entre les saisons s’estompent. Les conditions climatiques nouvelles poussent à l’exil vers la capitale Dacca. Les bidonvilles ne cessent de s’étendre.
À La Réunion, nous aurions tort de nous croire à l’écart de ses changements. Nous avons plusieurs points communs avec l’Inde et le Bangladesh, nous partageons le même océan et nous vivons dans la région des cyclones.
Que restera-t-il de notre pays si nous sommes touchés par un cyclone plus puissant qu’habituellement ?

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Le Lazaret à la Grande Chaloupe reprend vie

19 décembre 2011

Samedi à 17 décembre 18h30, de nombreux visiteurs sont venus pour vivre cette inauguration, pour témoigner de leur attachement à une page encore trop méconnue de l’histoire de l’île.

Ici, il y a 150 ans, soucieux de protéger l’île des maladies extérieures, le gouverneur avait désigné le site du Lazaret comme passage obligé pour les nouveaux arrivants, les engagés d’origines diverses. Pendant 10 jours, ils étaient en quarantaine, vivant ensemble, échangeant, partageant leurs cultures, leurs cultes, leurs richesses.

Nassimah Dindar, Présidente du Conseil général, aux côtés du représentant de l’État, du maire de La Possession, d’historiens et de descendants d’engagés, a inauguré le site, puis a découvert la plaque commémorative de cet anniversaire.

La présidente du Conseil général a déclaré : « Avant tout, je tiens à remercier et à féliciter l’ensemble des personnes qui ont travaillé à la réalisation de ce remarquable chantier. Je suis particulièrement heureuse d’ouvrir au public ce site, porte d’entrée sur le territoire, lieu de culte, de mémoire et de savoir. Le Conseil général assure pour nos enfants la sauvegarde de ce patrimoine, et pour ce faire, s’appuie sur des historiens, des Réunionnais, des personnes nées ici. Il faut protéger et transmettre. Ces missions sont au cœur même de nos politiques du patrimoine au Conseil général. Ma conviction est que l’Histoire, avec sa part de lumière et de pages sombres, ne doit pas nous enchaîner. Il faut s’incliner devant le courage, le chagrin des personnes en quarantaine. Souvenons-nous de la force de l’âme. Ils ont choisi de vivre à La Réunion, de rester et de fonder leurs familles. C’est le mélange de peuples, de langues, de pratiques culturelles et cultuelles qui a fondé notre société réunionnaise. Notre créolité, notre citoyenneté française, notre attachement à l’océan Indien, ces sentiments émanent de l’indéniable complexité de nos origines. A la veille du 20 décembre, ouvrir le Lazaret est un acte symbolique. Je veux espérer que cette inauguration soit porteuse d’espoir ».

Puis le public a été invité à visiter les bâtiments mis en lumières, le dortoir, lieu de diffusion sonore (une création voix et son de Jean-Paul Jansen et Hoa Le Minh), qui projette le visiteur dans le passé du Lazaret, et la longère, site d’exposition "Métissage végétal : plantes et usages au temps de l’engagisme" réalisée par le Conservatoire botanique national de Mascarin.

Les travaux du Lazaret 1 sont aujourd’hui terminés. Ceux du Lazaret 2 débuteront dès 2012 avec des fouilles archéologiques. Ces dernières vont permettre non seulement d’apprendre, mais également de confirmer, ou d’infirmer, les informations mentionnées dans les Archives.

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ASSOCIATION SAUVEGARDE DE LA MÉMOIRE RÉUNIONNAISE

Les calbanons de Jacques Bel Air : Haut lieu de la mémoire des travailleurs et de La Réunion

10 décembre 2011

En cette période de campagne sucrière, le quartier de Jacques Bel Air se découvre. Les coupeurs de cannes et les grosses machines s’attèlent à la tâche pour finir la coupe. Sur ces exploitations agricoles, une fois la canne coupée, on découvre le visage historique de ce quartier à travers de nombreux vestiges, dont les calbanons, ces petites cases qui servaient d’habitation aux esclaves et aux engagés indiens sur le Domaine de Bel Air.

Ces calbanons ont donc marqué l’histoire de l’esclavage et de l’engagisme. 397 engagés indiens y résidaient juste après l’abolition de l’esclave. Le périmètre des calbanons fait partie d’une concession attribuée en 1724 à Augustin Panon, nous sommes alors à une période charnière du peuplement de l’île. Joseph Desbassyns, la vicomtesse Jurien de la Gravière, Kerveguen seront successivement propriétaires ou gérants du Domaine de Bel Air. En 1923, la grande propriété sera gérée par Yvrin Payet.

Des centaines de travailleurs et leur famille vivaient sur la propriété du Domaine de Bel Air. Nous avons rencontré Joséphine et Denis Iva, un couple de Sainte-Suzanne respectivement âgé de 83 et 81 ans, qui ont travaillé toute leur vie comme exploitants agricoles à Jacques Bel Air. Denis nous invite à retourner avec lui sur les lieux de son travail. Avec beaucoup de nostalgie et d’émotion, il nous montre l’endroit où il a vécu. Des calbanons, il ne reste que des vestiges, certains ont été détruits, d’autres ont fort heureusement pu être sauvés.

Calbanons 10 et calbanons 25

« Et dire que toute ma famille la vive la dedans. Lavé deux catégories de calbanons, les calbanons 10 avec 10 habitations collées ensemble, et les calbanons 25, c’est-à-dire avec un grand bâtiment en béton avec 25 compartiments pour les familles. Tous mes enfants lé né ici, ma la travaille sur la propriété, mi plantait piment, légumes, la canne, mi entretenait les exploitations agricoles, lavé point d’heure pour travail. Les femmes et les enfants aussi travaillaient dans les champs. Nou payait pas de loyer, mais nou lavé droit habiter dans les calbanons. Lété pas facile vive avec tous les enfants. Lété très serré, lavé point la lumière, ni des toilettes à l’intérieur. Lavé une petite pièce pour la cuisine, mais nous préférait faire la cuisine dehors, dans la petite cour. Lavé point du tout l’intimité, toute la famille i vivait en fait ensemble, les marmailles dormaient dans la même pièce, sur un matelas ou bien par terre. Mais nous vivait, nous lavé au moin la chance d’avoir un boulot avec un case. Ici, tout le monde i vivait en communauté, le dimanche nous retrouvait a nous pou jouer domino, pou boire un coup, pou causer, pour oubli un peu travail. Nous la passé toute nout vie dan’ kalbanon, un moment i fallait partir, mais mi regrette beaucoup cette période là même si lé té difficile. Dommage zot la détruit nout kalbanon comme ça… ».

Joséphine fait partie de ces nombreuses femmes qui, très jeunes, ont travaillé sur les exploitations agricoles de Jacques Bel Air. « Je repense à ce quartier avec toutes ces belles plantations, les chevaux, la petite boutique Bouboul, les servantes, les femmes de ménage, tous les membres de la famille Payet, la cloche qui sonnait le matin pour nous inviter à prendre notre travail… Il faut dire que les femmes étaient nombreuses à travailler la terre comme les hommes. Moi-même, je faisais garder mes enfants par ma grand-mère et j’allais ensuite travailler. Le soir, je m’occupais de mon ménage, de mes enfants, de la cuisine… Le week-end, c’était aussi beaucoup de travail, chercher les herbes pour les animaux et on trouvait un temps pour aller à la messe. Les femmes allaient à la messe en groupe, c’était une occasion de discuter un peu. Quand il y avait un mort, c’était la même chose, il y avait la solidarité dans le quartier. Je me rappelle aussi de la petite chapelle malbar sur la propriété. Il y avait les cérémonies, la marche sur le feu, mais après, ce fut interdit par le propriétaire. Avec notre famille, nous avons passé toute notre jeunesse, toute notre vie à travailler sur le Domaine de Bel Air jusqu’à notre retraite. Jacques Bel Air restera notre quartier, il a marqué notre vie de travailleurs… ».

Les calbanons de Jacques Bel Air font partie de notre patrimoine historique, de la mémoire réunionnaise. Ils méritent d’être réhabilités et valorisés. C’est la volonté et l’ambition de l’Association pour la Sauvegarde de la Mémoire Réunionnaise (A.S.M.R.) qui mène depuis plusieurs années un gros travail de mémoire sur le secteur auprès des personnes âgées et des anciens travailleurs.

Pour éviter que la mémoire, notre mémoire réunionnaise, se perde…
 

Rencontres intergénérationnelles, films, documents, expositions…

Dans le cadre des festivités du 20 Décembre, l’Association pour la Sauvegarde de la Mémoire Réunionnaise (A.S.M.R.) a mis en place plusieurs actions valorisant les calbanons de Jacques Bel Air et tous les lieux de mémoire de la commune.
Une exposition retraçant l’histoire de Jacques Bel Air a été réalisée, un beau support pédagogique pour les enfants des écoles. Ainsi que deux films sur les mémoires vivantes, les anciens travailleurs des calbanons et les souvenirs d’enfance d’Emmeline Payet, la petite-fille d’Yvrin Payet qui fut l’ancien directeur de la propriété de Bel Air.
Un document a également été publié sur les anciens travailleurs. « Nous travaillons beaucoup avec les écoles de la commune et nous allons amplifier nos actions sur la mémoire réunionnaise l’année prochaine en créant des échanges entre les personnes âgées et les jeunes. Nous disons qu’il serait intéressant de créer à La Réunion une Maison de la Mémoire Réunionnaise pour valoriser le patrimoine matériel et immatériel, toutes nos richesses », souligne Bernard Batou.

 

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PRÉSENTATION DES CÉRÉMONIES DES 150 ANS DU LAZARET

Là où sont passés de nombreux ancêtres

10 décembre 2011

Le dimanche 18 décembre prochain, le Conseil général organise une manifestation pour célébrer les 150 ans du Lazaret de la Grande Chaloupe.


Jeudi dernier, après la remise des Prix du concours "Le carnet de voyage d’un jeune engagé indien", Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, a relaté les manifestations prévues le 18 décembre dans le cadre de la célébration du 150ème anniversaire du Lazaret. 
Ce sera l’occasion pour le public réunionnais de découvrir la seconde tranche des travaux de rénovation du lazaret, débutés en 2004. « Le Lazaret 1 est le second temps fort de cette année culturelle après la mise en place de l’Iconothèque. Le Conseil général est propriétaire de nombreux bâtiments, un patrimoine d’une immense valeur, et depuis plusieurs années, nous menons des actions en faveur de la valorisation de ces sites. Depuis 2004, nous avons entrepris les travaux du Lazaret 1 à la demande des habitants de la Grande Chaloupe qui entretenaient ce lieu naturellement. C’est ici encore la concrétisation de la politique culturelle du Conseil général qui vise à mettre en place une valorisation de ses sites pour les touristes locaux et extérieurs et une transmission des savoirs, car il est essentiel de connaître son histoire, de l’appréhender pour construire sa culture et la partager. Le Lazaret occupe une place importante dans l’histoire de la construction de la société réunionnaise. C’est un lieu de mémoire, des milliers de nos descendants y sont passés. Le chantier patrimonial est exemplaire en raison de la diversité et aussi de la qualité du partenariat qu’il a mobilisé, des scientifiques, des historiens, des associations, l’État à travers la Direction des Affaires culturelles. Nous avons mutualisé les moyens pour coordonner les actions. Aujourd’hui, c’est une grande satisfaction, c’est la concrétisation de nombreuses années de travail et je tiens à remercier l’ensemble des acteurs qui ont participé à la restauration de ce lieu emblématique peu connu et peu valorisé », a expliqué Nassimah Dindar. 
Une mise en lumière des bâtiments, des visites guidées, des films documentaires et autres animations musicales seront offertes aux visiteurs.

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LITTÉRATURE RÉUNIONNAISE

Parution de deux ouvrages

26 novembre 2011

• "Sobatkoz desi lékritir Carpanin Marimoutou"

Les Éditions K’A viennent de publier sous la direction de Frédérique Hélias un ouvrage intitulé : "Sobatkoz desi lékritir Carpanin Marimoutou". Avec les contributions suivantes :

- Valérie Magdelaine (maître de conférences en Littérature française et francophones à l’Université de La Réunion) retrace le parcours intellectuel de Carpanin Marimoutou.

- Daniel-Henri Pageaux (professeur émérite à la Sorbonne) aborde pour sa part de la question de l’habiter, celle qui est au centre de toute sa réflexion de critique et de poète.

- Pascale Hermann (professeure agrégée de Lettres modernes au lycée Leconte de Lisle) nous plonge au cœur du recueil "Approches d’un cyclone absent" à travers une lecture à la fois politique et poétique.

- Frédérique Hélias (docteure en Littérature française et comparée) propose de son côté un parcours dans l’œuvre poétique de Carpanin Marimoutou et des questions qui touchent à la construction poétique de l’île.

- Patrick Quillier (professeur de Littérature comparée à l’Université de Nice) parle de la violence des voix qui parcourt les textes de l’auteur.

- Brigitte Cassirame (professeure agrégée à l’Université de La Réunion, titulaire d’un Doctorat de Littérature et de Sémiologie du texte et de l’image) parle du processus endocryptique dans le poème liminaire "Narlgon la lang".

- Françoise Vergès (docteure en Sciences politiques, Université de Berkeley, professeur à l’Université de Londres) évoque le bonheur d’avoir eu des parents communistes.
Souscription jusqu’au 15 décembre pour 18 euros l’exemplaire ; 16 euros si achat par 5 exemplaires.

• "Approches d’un cyclone absent"

Selon Pascale Hermann, ce livre de Carpanin Marimoutou est le lieu poétique où s’exprime toute La Réunion — c’est-à-dire toutes les Réunion(s) : celle d’hier, à la fois personnelle et historique sans qu’aucun lyrisme ou lieu commun nostalgique ne s’insinue dans les vers. Le temps, lo tan, y est évoqué comme un souvenir, car il est aussi souvenir commun qui noue un destin collectif. À ce titre, "Approches..." agit comme une épopée, une poésie objective qui vise à la recréation du commencement, à la restitution d’un épisode historique meurtri où l’Autre n’est envisageable que dans l’assujettissement ou dans son action d’asservissement. Le recueil pose un acte fondateur qui peut, comme pour le "Chant général" de Pablo Neruda, rassembler autour d’une identité commune et créer une légende. C’est une poésie qui retrace la genèse d’un lieu et dénonce les oppressions.
Réunion du passé, mais aussi Réunion du sensible, dominée par un imaginaire qui privilégie l’élément liquide, « le désir même du langage » selon Bachelard et crée une poésie fluide. L’espace céleste n’en est pas moins présent, il assure la pérennité des liens entre le présent et le futur.
"Approches d’un cyclone absent" c’est, à n’en pas douter, la revitalisation d’un monde qui nous permettra un soir d’écouter sincèrement, « assis sur une pierre/un homme sans dents [...] parler de l’espoir » (Fazèle).
La présente édition est la réédition de celle de 1991 parue aux éditions Page Libre avec une lecture de Pascale Hermann. Souscription jusqu’au 10 décembre 2011 à 15 euros l’exemplaire. Votre chèque du montant de votre commande doit être envoyé à Editions K’A, 2 Carrer Julien Panchot 66130 Ille-sur-Têt à l’ordre de DCC - http://editionska.com/ (site d’André Robèr)

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IMAGE DE NOTRE HISTOIRE

Cérémonie tamoule

vendredi 18 novembre 2011

 

 

   Voici ce que nous a appris Maurice Saingany sur la photo n°256 de “Image de notre histoire” de notre édition du mercredi 16 novembre 2011 : « Desi foto la, mi rekoné Bernard Mahadzézé, un militan kominis de Villèle. Li porte lo stati Marliémin et li lé desi la droite lo stati. L’ot misié ké lé entrinn porte lo stati osi, c’est misié Antonin Govindamal ké li abite Grand Bois Saint-Pierre. Lo cérémonie lé dann la sapèl Paul Sandanon a la Ravine des Cafres. Pli joli encor, zot i koné pa pétèt lo stati Marliémin, kisa la sculte sa : c’est Daniel Singainy, lo defansèr de la rolizion et la kiltir popilèr malbar rénioné. Li la garde lo fasson ké nout zancèt té i fé bann stati ; sé bann stati malbar La Rénion. Nana in misié, la tèt la poin sové desi, li apèl gramoun Mémé, li arèt Ravine des Cafres.

 Maurice Singainy 

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JOURNÉE À LA MÉMOIRE DES ENGAGÉS

« Une commémoration réunionnaise partagée »

samedi 12 novembre 2011

Plusieurs centaines de personnes venues de toute l’île ont répondu hier à l’invitation de la Fédération Tamoule de La Réunion, présidée par Daniel Minienpoullé, à célébrer la 9ème édition de la Journée à la mémoire des engagés, à l’occasion de l’anniversaire de l’abolition de l’engagisme indien dans notre pays le 11 novembre 1882. Ce fut une célébration riche d’émotions, d’informations sur notre Histoire et de perspectives pour continuer à lutter ensemble afin de transformer notre société.

Cette journée à la mémoire de nos ancêtres engagés venus d’Inde mais aussi d’autres pays et ayant souffert des violences inhumaines de l’engagisme s’est déroulée hier matin sur le site des lazarets de la Grande Chaloupe, après des hommages aux stèles commémoratives de Bois Rouge, Grand-Bois, Piton Saint-Leu, Vue Belle La Saline et La Mare. Le public a d’abord pu visiter les expositions consacrées à l’engagisme et le village des stands animés par le Cercle Généalogique de Bourbon, Le Musée Lontan, l’Espace Culturel et Social du Kôyil de Saint-Denis, l’Association des Familles Hindoues, l’Association Tirouvallouvar, le Centre Régional Culturel Indien, Vanakkam Réunion. 
Ensuite s’est déroulée la procession du banian au bord de mer pour un hommage mémoriel face à l’océan Indien, avec une cérémonie hindoue en présence des représentants religieux et culturels de différents horizons. Après le lancement de fleurs à la mer, la foule a rejoint le village des stands, où s’est déroulée une conférence avec les interventions de plusieurs militants culturels, artistes et responsables de collectivités.

« Un projet réunionnais sur la terre réunionnaise »

Cette conférence a été ouverte par la militante culturelle Annie Darencourt, responsable de l’UDIR (Union pour la Défense de l’Identité Réunionnaise), qui a lu un extrait du livre d’Alain Lorraine publié après sa mort en 1999 sous le titre : "La Réunion, île de mille parts". Ensuite, Michèle Marimoutou-Oberlé, une historienne qui a beaucoup travaillé sur l’évolution du site des lazarets depuis leur création en 1860 et sur la réhabilitation de ce site depuis plusieurs années, a présenté un rappel historique de ce lieu de mémoire très important pour tous les Réunionnais. 
Le témoignage de Sonia Canaguy sur l’arrivée de sa grand-mère à La Réunion en tant qu’engagée indienne en avril 1881 a fortement illustré cette importance. D’autant plus qu’elle a souligné « l’amour de la liberté » qui a marqué la vie de son ancêtre.
Le président de la Fédération Tamoule de La Réunion est intervenu pour rappeler le travail accompli par son association et ses partenaires depuis neuf ans pour célébrer cet événement historique que fut l’abolition de l’engagisme indien à La Réunion et pour en faire « une commémoration réunionnaise partagée ». Daniel Minienpoullé a souligné que ce travail doit continuer et s’amplifier plus que jamais afin de « faire vivre tous ensemble l’Histoire réunionnaise » mais aussi et surtout pour « construire un projet réunionnais sur la terre réunionnaise ».

Un combat de plus de 52 ans

Cette vision réunionnaise et les perspectives d’avenir ouvertes par la culture de notre mémoire historique ont été exprimées ensuite par plusieurs intervenants, comme Éric Murin, président du CRAN, et par Édouard Gokalsing, adjoint au maire de La Possession. Elles ont également été illustrées par la présence de plusieurs représentants des associations membres du Kolèktif Lané Élie (KLÉ), comme le Komité Éli, le GOPIO, Rasine Kaf, le groupe Réyoné Soubat Kont Profitèr, le Cercle Philosophique Réunionnais et le coordonnateur du KLÉ, Sudel Fuma, directeur de la Chaire UNESCO à l’Université de La Réunion, qui a organisé avec plusieurs partenaires de nombreuses actions dans toute l’île depuis le début de l’année pour célébrer le 200ème anniversaire de la révolte de nos ancêtres esclaves dans la région de Saint-Leu. 
Des représentants d’autres collectivités ont également pris la parole : Serge Camatchy pour la Région et Joseph Sinimalé pour le Département. Enfin, deux autres poèmes lus par Annie Darencourt (l’un de Jean-François Samlong et l’autre de Gilles Sagodira — voir encadré ) ont montré que la mobilisation doit continuer pour faire respecter les droits du peuple réunionnais en termes de reconnaissance de son identité, de justice sociale et de responsabilité politique. Un combat que le Parti Communiste Réunionnais mène avec les autres forces démocratiques depuis plus de 52 ans…

Correspondant

L’engagisme, un crime contre l’humanité

Nous publions ci-après le poème écrit par le Dr Gilles Sagodira ce 11 novembre 2011 et lu publiquement par Annie Darencourt. Cet enseignant-chercheur au Département des Sciences de l’Éducation à la Faculté des Lettres de l’Université de La Réunion, professeur de Tamoul, est également un poète, un peintre et un pacifiste. Mais son travail militant ne s’arrête pas à l’Inde ; il mène aussi des actions humanitaires pour aider les enfants orphelins d’Afrique, dont les parents sont morts à cause du VIH. Pour en savoir plus, vous pouvez visiter son site : Tan’Amar SAGO FOUNDATION.

Il n’y a pas de démon qui puisse atteindre la dignité humaine,
Telle était la devise de nos ancêtres,
Ceux qui ont franchi le sombre océan
Pour découvrir de nouvelles humiliations et privations
Et par dessus tout, la rupture avec la Mère patrie.

Personne ne peut comprendre un tel état de colère et de damnation.
Des contrats bafoués, des corps battus,
Des êtres trahis et des Ames oubliées
Pourquoi tant de souffrances ?

Le temps ne peut effacer le fardeau de la Vérité
Ni bâillonner l’esprit de réconciliation.
Chacun de nous est un Messager
De l’Amour et de la Paix
Pour toute l’Humanité.

Laissez-nous pardonner l’aveuglement du passé,
Laissez-nous oublier les errances de nos aînés,
Laissez-nous guérir les plaies de nos âmes,
Laissez-nous prier pour un jour nouveau,
Et pour une seule et dernière fois,
Laissez-nous déclarer l’Engagisme,
Un crime contre l’Humanité !

Gilles Sagodira

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