INTRODUCTION
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LES REUNIONNAIS D’ORIGINE INDIENNE AUJOURD’HUI (4)

         

   L.gif (4293 octets)es   ressortissants de l’Union Indienne sont pour leur part en nombre limité sur l’île, environ deux cents. Parmi eux, des prêtres tamouls qui assurent le service de la plupart des grands temples urbains, mais aussi des artistes et des artisans de passage, participant à la restauration, voire à la réédification de ces lieux de culte, initiant parfois des apprentis locaux aux techniques traditionnelles ; plusieurs religieux musulmans participant activement à la vie des mosquées locales comptent aussi au nombre des personnes de nationalité indienne présentes sur le territoire de l'île ; quelques prêtres et religieuses catholiques du Sous-Continent ont également choisi de s'installer, au moins temporairement, de s'y installer (Photo1).

   On ne peut pas ne pas évoquer aussi la présence de deux communautés, réduites par le nombre, mais dont le rôle ne doit pas être sous-estimé : d’une part les Mauriciens d’origine indienne, qui pour certains participent activement à la vie culturelle locale. Beaucoup de Tamouls ou d’Indo-Musulmans font aussi le trajet jusqu'à "l’Ile Sœur", où l’indianité imprègne de façon beaucoup plus profonde le quotidien collectif ou privé. Il existe même parfois des liens familiaux que l’on ne désire surtout pas rompre. Maurice a longtemps été le seul "trait d’union" avec les racines indiennes, et joue encore ce rôle pour bien des Malbars. (Photo2).

   D’autre part les quelques dizaines de familles "pondichériennes" (a). Elles ont quitté les comptoirs français, rentrés dans le giron de l’Union Indienne, dans les années 50 ou 60 et, à leur arrivée à la Réunion, y ont apporté un vécu culturel authentique et encore tout proche : pratique courante de la langue d’origine, habitudes religieuses, traditions culinaires... Leur influence, peut-être parfois trop parcimonieusement consentie, selon certains, a contribué peu ou prou au renouveau tamoul, dans les pratiques rituelles comme dans des aspects plus quotidiens, non sans que cela entraîne divers signes d’incompréhension, voire de rejet. Que l’on regrette ou que l’on justifie cette hostilité, elle est en tout cas explicable : les tenants d’une culture propre aux Malbars ne souhaitent pas que se développe exagérément une indianité en fin de compte ressentie comme étrangère et conquérante.

   Espérons que chacun saura finalement se souvenir qu’en matière de culture, plus qu’ailleurs, à l’échelle d’une société comme d’un individu, la pluralité harmonieuse et bien comprise est une chance et non une menace, une richesse et une force face à la montée des uniformisations arrogantes.

 


(a) Voir dans la rubrique "Gros plans".


Introduction: pages 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8