INTRODUCTION
(suite)
LES REUNIONNAIS DORIGINE INDIENNE AUJOURDHUI (4)
On ne peut pas ne pas évoquer aussi la présence de deux communautés, réduites par le nombre, mais dont le rôle ne doit pas être sous-estimé : dune part les Mauriciens dorigine indienne, qui pour certains participent activement à la vie culturelle locale. Beaucoup de Tamouls ou dIndo-Musulmans font aussi le trajet jusqu'à "lIle Sur", où lindianité imprègne de façon beaucoup plus profonde le quotidien collectif ou privé. Il existe même parfois des liens familiaux que lon ne désire surtout pas rompre. Maurice a longtemps été le seul "trait dunion" avec les racines indiennes, et joue encore ce rôle pour bien des Malbars. (Photo2). Dautre part les quelques dizaines de familles "pondichériennes" (a). Elles ont quitté les comptoirs français, rentrés dans le giron de lUnion Indienne, dans les années 50 ou 60 et, à leur arrivée à la Réunion, y ont apporté un vécu culturel authentique et encore tout proche : pratique courante de la langue dorigine, habitudes religieuses, traditions culinaires... Leur influence, peut-être parfois trop parcimonieusement consentie, selon certains, a contribué peu ou prou au renouveau tamoul, dans les pratiques rituelles comme dans des aspects plus quotidiens, non sans que cela entraîne divers signes dincompréhension, voire de rejet. Que lon regrette ou que lon justifie cette hostilité, elle est en tout cas explicable : les tenants dune culture propre aux Malbars ne souhaitent pas que se développe exagérément une indianité en fin de compte ressentie comme étrangère et conquérante. Espérons que chacun saura finalement se souvenir quen matière de culture, plus quailleurs, à léchelle dune société comme dun individu, la pluralité harmonieuse et bien comprise est une chance et non une menace, une richesse et une force face à la montée des uniformisations arrogantes.
(a) Voir dans la rubrique "Gros plans". |
||
|
|
||